Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 19 mars 2011

Ah, la belle vie pour nos gosses...

nucléaire,nuage,mort,cancer

 

On a bien profité durant des années...  & aprés nous le déluge... radioactif.

samedi, 14 juin 2008

L'HOMME QUI VOULAIT RENDRE LES GENS HEUREUX

Durant une autre vie, celle où je travaillais encore, où je n'avais pas encore atteint ma date de péremption, j'ai occupé un poste d'animateur dans un centre d'accueil d'urgence. Pour ceux à qui ce terme ne dit rien, ceux qui donc n'ont jamais connu la vie de SDF, il s'agit d'une structure qui héberge dans la journée ceux qui n'ont plus de toit.
Dans mon cas, ce lieu comprenait une grande cours où l'on pouvait se détendre ailleurs que sous le regard culpabilisateur des passants honnêtes et une salle servant de lieu de repas et de réunion.
J'animais un atelier d'écriture qui avait débouché sur la création d'un journal rédigé à moitié par les "accueillis" — on avait du mal avec le terme SDF— et l'autre par ceux de l'équipe sociale.
J'avais été embauché dans le cadre d'on contrat CES à mi-temps et je faisais cadeau de nombreuses heures de bénévolat pour arriver à mes fins.
Mon contrat n'avait pas été reconduit au bout d'une année, car les religieux qui géraient la pauvreté dans la ville et donc dans ce lieu, ne voulaient faire travailler que des bénévoles. Malgré la rancune que j'en ai gardée envers les dirigeants, je dois dire que cet emploi m'a profondément marqué.
Les gens de la rue se confiaient souvent à moi, j'effectuais uun travail d'écoute comme me disaient les pros du social, et l'histoire de leur vie ne me rendait que rarement gai.
Il y avait un bistrot sur le trottoir d'en face et même une cave à vin un peu plus haut ce qui irritait profondément les responsables qui faisaient la guerre à l'alcool dans l'enceinte, voilà pour le cadre.

Parmi les habitués, j'avais mes préférés et ce jour-là l'un d'entre eux, Rachid, était installé à la terrasse du bistrot, sa tasse était vide, et son regard aussi, il braquait le trottoir d'en face. Je mangeais un sandwich tout en survolant le quotidien du jour. Et, de temps à autre, je regardais Rachid qui fixait toujours le même endroit. Je me demandais s'il n'était pas endormi par son traitement.

À cet endroit, une femme se baissa et ramassa un objet qu'elle regarda de plus près, puis esquivant un petit sourire, elle le glissa dans son sac et reprit son chemin. Le visage de Rachid s'illumina d'un grand sourire, content de cette scène.

Il se leva et traversa la rue, il déposa quelque chose sur le trottoir, au même endroit que celui où la femme s'était accroupie. Il revint s'installer à sa table sans même m'apercevoir. Il semblait épanoui, je le connaissais plutôt triste et souvent abruti par ses médocs.

L'instant d'après, un homme ayant dépassé la soixantaine, se baissait à grand-peine pour prendre ce que Rachid avait déposé. Lui aussi repartit avec un sourire aux lèvres. Je regardais Rachid qui était aux anges.

La troisième fois, ce fut une jeune mère qui poussait son landau, elle se baissa prestement, ramassa et sourit à son bébé. Rachid sourit tout seul.

C'était la fin de ma pause — cinq personnes s'étaient ainsi accroupies — en quittant le bistrot, je fis une halte à hauteur de Rachid, j'étais curieux de savoir quel objet il offrait ainsi à tous les passants et pourquoi ça le rendait si heureux.

Ses yeux brillaient de 999 feux — je n'aime pas les expressions toutes faites — il me raconta qu'il déposait soit une pièce de 10 francs soit un billet de 50 francs. Il le faisait dans le but de rendre les gens heureux et surtout il voulait constater la joie qu'il pouvait créer.

Il était sous tutelle et dépendait donc de quelqu'un qui gérait son allocation d'adulte handicapé. Dès qu'il touchait son pécule hebdomadaire, il en claquait la moitié à rendre les gens heureux ; les mêmes ou presque qui le regardaient d'un air dédaigneux lorsqu'il somnolait sur un banc.

samedi, 01 mars 2008

JE SUIS VISITÉ...

202060603.jpg Je suis visité, un peu comme au zoo, des curieux viennent voir ce qui se passe derrière ce mur lézardé. Le promoteur offre les frais de notaires aux 10 premiers acheteurs de la future résidence grand standing de 41 appartements qui va s'élever à la place de cette vieille bâtisse construite en 1888 et qui ne pouvait recevoir que trois locataires dont moi.

Ils passent et repassent dans la rue, comme des rapaces, leurs prospectus à la main ou en voitures qui ralentissent. J'en vois un qui sautille, un instant plus tard, je le vois tendre un appareil photo au-dessus du mur, je gueule : "ça va, vous voulez pas entrer ? Je ne vous gêne pas sur la photo ? Vous avez pensé aux cacahouètes ?".



284333304.jpg Hier soir, je sors, je surprend derrière ma porte en ferraille rouillée (elle est d'époque) un couple de femmes âgées d'une bonne soixantaine d'années chacune, des soeurs peut-être, qui se tiennent par la main;  elles sont habillées de la même façon et de la même couleur verdâtre. Elles essayaient de voir l'intérieur par la fente de la boite à lettres. Chacune d'elle tient une pub format A4 où un infographiste a dessiné le futur immeuble en lieu et place de "ma" piaule et de son jardin, et où un vendeur immobilier a agrafé sa carte.

— "Vous voulez pas visiter en plus ?" que je leur envoie le plus désagréablement possible. J'ai des grandes facilités pour le désagréable depuis que la vie m'a tiré quelques grandes baffes dans la gueule et qu'elle décida de ne plus se passer mais alors pas du tout comme j'espérais qu'elle le fit.

Elles hésitent, elles penchent en avant, se regardent, elles avancent, elles sont sur le point d'acquiescer, en plus !! Elles voudraient voir cette nature appelée à être bétonnée et goudronnée. Elles veulent voir toute cette verdure, qui va disparaître à jamais parce que des gens fortunés veulent investir dans le grand standing et, qu'elles ne verront jamais de leurs fenêtres.

Ben non, vous ne visiterez pas parce que je n’ai pas envie et parce que ça n'a aucun rapport avec ce que vous allez acheter et surtout parce que je n’en ai pas envie.

C'est pas la peine de visiter, il n'y aura plus rien des ces vieux arbres, de toute cette verdure en pleine ville. Plus rien, de cette nichée d'hérissons qui me font bien marrer les soirs d'été, plus rien de ces couples de mésanges construisant méthodiquement leur nid avant d'y déposer de petits oeufs, fauvettes ou rouge-gorges...etc. Il y aura 41 appartements grand-standing, 41 chiottes G-S qui déverseront leur contenu à moins qu'ils ne soient tous constipés d'un coup, je raconte vraiment n'importe quoi, qu'est-ce qui m'arrive ?
Vous savez pas, même l'autre maison qui jouxte la "mienne" va être démolie par un autre promoteur plus offrant. En tout, presque 3000m2 de verdure vont être détruits et remplacés par du béton haut-standing.

Elles reculent doucement, se demandant si elles ont à faire à un violent.

Tiens, une idée folle, et si je les assassinais tous ces visiteurs et que je les enterre dans la cave de cette maison qui va être rasé, ils n'auraient plus de clients les promoteurs... aucune promesse d'achat, il ferait la gueule le promoteur... et moi, je pourrais rester encore quelques mois sur place.

 

842051858.jpg

 

jeudi, 31 janvier 2008

UNE BONNE CLAQUE AUX IDEES REçUES.

 

bf2d63ed5d305958e1295a776022011d.jpg

Un voisin d'Emma est originaire de Tunisie, il a monté une petite boite de maçonnerie. Depuis 6 ans que je le croise, il boite méchament.

Alors même que j'entends par ci par là, des gens de mon coin répétant à l'envie des: "Putaing, "ils" en profitent de la CMU, de la SÉCU, des allocs, "ils" font soigner des "parents" à leur place, parce qu'"ils" se ressemblent tous."

Ces derniers jours, il ne pouvait pratiquement plus monter les escaliers qui le mènent au troisième étage.

Finalement, hier il est parti aux Urgences en ambulance, il était à deux doigts de la gangrène. Jusqu'à hier, il préférait aller se faire soigner en Tunisie par la médecine locale, marabout...

En 6 ans il n'a pas couté un euro à notre SÉCU et il s'est ruiné en voyage bateau.

mercredi, 23 janvier 2008

LE PRÉSIDENT QUI TUTOYAIT À L'OREILLE DES PROLOS.

 Ce matin à Sens, il est allé tâter du prolo, du vrai, qui travaille à la construction d'un hosto et qui se lève tôt le matin. Il est venu parler "pouvoir d'achat". Une discussion brouillonne s'engage entre Sarko et les prolos. L'un lui demande, comment faire pour travailler plus, pour gagner plus, d'autres parlent... ça fait un peu cacophonie, dans le genre.
— Sarko : Ah, ben, non, mais là regarde...
— Prolo : ... on est à la frontière...
— Sarko : Et ben voilà bè c'est intéressant !
— Prolo : ... on n'a que les week-ends et on va en Belgique, car en Belgique les commerces sont ouverts le dimanche...
— Sarko : ... Et c'est bien sûr !
— Prolo :... humm, humm...
— Sarko : ... Ah ben voilà, eh ben... voilà, et ben c'est ça que je veux changer...
— Prolo : humm, muhm
— Sarko : ...  c'est quand même incroyable... j'ai rien contre les Belges, bien au contraire (??), mais c'est quand même incroyable que le dimanche où on peut faire les courses en famille, les commerces soient fermés !

 

 


Et le cortège se tira derrière le chef, qui est content de lui, Lagarde bronzée a le sourire scotché aux lèvres, ils ont travaillé, ils ont parlé "pouvoir d'achat".
J'ai l'impression que ces prolos là sont un peu cons, pas vous ? On les a choisis? Ils posent une question simple et  obtiennent une réponse qui n'a aucun rapport avec cette première, et ils ne disent rien. Non, juste qu'ils tiennent absolument à faire les courses en Belgique, le dimanche et en famille, le reste ne les intéresse pas le moins du monde.

On a que ce qu'on mérite. 

samedi, 08 décembre 2007

JE SENS BON, COMME MON PRÉSIDENT !

Veuillez ne pas comprendre par là que je pue le camembert pasteurisé, ça ne m'est plus arrivé depuis mon adolescence, les Converse© existaient déjà et il y a très longtemps.

J'ai la même odeur que le président, le vrai, celui de la République, J'utilise le même parfum que LE PRESIDENT, ça vous en bouche un coin, hein ? Peut-être même deux, non ? Comment un r'miste, qui gagne 45 fois moins,  peut-il s'offrir le même parfum que Niko 1er ? Comment ce r'miste de Provence du sud connaît-il la marque du parfum du PRESIDENT ? Et qu'est-ce que cela lui fait, quand il se serre dans ses bras, d'avoir la même effluence que LE PRESIDENT ? Voilà quelques questions qui devraient normalement vous assaillir.

9cd617518b89be766bd5276b588808db.jpg La seule différence est dans le contenant, mon parfum, je l'ai stocké dans deux minipots de confiture et chaque fois que je veux sentir bon, je trempe un pinceau dans le pot et m'en enduis avec ravissement le lobe des oreilles.

 

Jusqu'à cet instant, personne ne connaissait mon secret. Je l'étale, car c'est bientôt Noël et j'ai envie de vous faire cadeau de cette nouvelle.

1er épisode : vous sentez bon ! c'est du Caron© !

Le 29 octobre, j'ai lu que NS avait passé un WE à Brégançon, il a fait des tas de trucs, comme aller bouffer dans des restos, des supers bonnes choses, accompagné de Rachida D & Martin B le samedi soir. Le lendemain, il a fait son jogging accompagné de 200 gardes du corps et gens de la sécurité (à mon époque on appelait ça un cross) à la rencontre des groupies du coin et l'après-midi, il avait invité l'austère Fillon.

Lors du jogging, il y a une folle groupie qui s'est jetée dans ses bras, bon, elle ne s'est pas jetée bien haut (que je suis méchant), l'a enlacé dixit RL de Var Matin. Un dialogue surréaliste s'est alors noué :

— Vous sentez bon, lui a-t'elle déclaré.
— C'est du Caron©, lui a répondu le président, en faisant des rimes.

"Qu'est-ce que c'est beau, qu'est-ce qu'ils sont bons ", stridulèrent (ou craquetèrent, au choix) à l'unisson les cigales de l'endroit.

2éme épisode: Annie & papier d'Arménie.

Un ami, gueux de r'miste lui-même, débarque chez moi et il sent bon le papier d'Arménie. J'adore cette odeur, ça me renvoi tout droit dans un endroit bien précis et chouette de mon enfance, qui n'a pas toujours était tendre, croyez-moi.

Un souvenir, une scéne, Annie, une voisine à ma mère, sexy comme c'est pas permis et qui en vit. Elle fait brûler du papier d'Arménie (mais je ne connaissais pas le nom à l'époque, juste cette odeur) chez elle et dans le cendrier de sa tire. C'est une Aronde décapotable. Elle porte un foulard et des lunettes noires, ses cheveux noirs sont noués. Elle conduit, on roule vers Ste Maxime où ailleurs. Et moi, j'ai douze ans, je suis calé sur la banquette arrière, dans les nuages. C'est beau comme une pub.

Je demande à mon ami gueux où il a trouvé ce parfum. Une connaissance lui a donné un demi-litre de ce divin liquide. Une famille friquée, le vieux père est mort et le fils donne ce flacon qu'il ne se sent pas de porter.

Rien qu'à l'idée de sentir le "pap d'arm" sur moi quand je veux et où je veux, je me bouge dans tous les sens jusqu'à trouver ces deux petits pots de confiture que je confie à mon ami, avec mission pour lui de me les remplir. Quand je passe chez lui pour les récupérer je vois le flacon original avec l'étiquette Caron©.

Voilà comment je sens bon comme mon président. C'est un vrai conte de Noël. Je suis un peu frustré de savoir que NS sent comme Annie, mais j'ai constaté que selon les peaux, les parfums n'ont pas toujours la même odeur.



PS: Je me dis que quand même il exagère avec toutes ses pubs, Caron, Karcher...etc.,  Il devrait être sponsorisé.

 

fbf5cc3f3afa688921a772393240dc96.jpg






   <=L'article de Var Martin

 

mercredi, 21 novembre 2007

LA RETRAITÉE ET LE R'MISTE.

Nous avions de bons, quoique très limités, rapports de voisinage, elle habitait dans une impasse proche et passait devant chez moi pour s'y rendre, c'était une femme de 70 ans environ, aussi grande que moi, mais beaucoup plus large. Je mesure un mètre et quatre-vingt-quatre centimètres. Je l'avais aidé deux fois à porter ses sacs trop remplis.

Un âge avancé qu'elle assumait avec grande vivacité et toujours sapée avec élégance, de marques pour femmes mûres. N'hésitant point à n'user que de ces membres inférieurs comme moyen de locomotion. Que ce soit pour se rendre au marché ou à la plage, éloignés tous deux de 5 ou 6 km d'ici, et ce, aux heures les plus chaudes de la journée, même en plein été. Ainsi, sa forme physique était nettement plus entretenue et bien supèrieure à la mienne.

Nos discussions étaient au niveau du minima syndical, jamais d'envolée. L'avantage était que le plus souvent je la croisais, nous n'allions pratiquement jamais dans la même direction. Nous avions des horaires inversés, je sortais quand elle rentrait et vice-versa. Des banalités sur le temps, je la soupçonnais de droite, mais bon, par ici, la chose est courante.

Elle avait pris l'habitude de déposer du pain mouillé en face de mon portail, des baguettes entières. Pour nourrir les colombes, me disait-elle. Je ne pense pas que les colombes avaient besoin d'elle pour survivre, mais chacun fait ce qu'il peut pour occuper sa vie.

Comme un imbécile, je lui confie un jour, de grande détresse morale, que je n'étais qu'un r'miste.

Les jours passent, ils n'ont que ça à faire, et toujours ces tas de mie molle. Puis, un soir, je surprends un rat qui se rassasie. Alors, le lendemain je planque vers la même heure et je m'aperçois qu'il a ramené des congénères, ils sont une dizaine,  ça se corse.

Quand je la croise à nouveau, deux jours après, je lui fais part très gentiment de ma découverte et lui demande d'arrêter pendant quelque temps ses livraisons. Je lui demande aussi pourquoi elle ne nourrit pas ces colombes devant chez elle. C'est une bonne question, non ? Elle me tourne le dos brusquement et se tire en maugréant.

Mais elle ne change rien à ses habitudes, elle change juste d'horaire, impossible de la revoir durant quelques jours. Des fois, je sors armé d'une pelle et je nettoie l'endroit.

Enfin, je retombe sur elle et je lui demande, toujours avec les égards dus à son âge et à son sexe supposé faible(?), de stopper tout net ces enfantillages, c'est ridicule. Et, il y a des lois sur l'hygiène, les rats vous sav... Que n'ai-je dit... Elle se met à hurler.

— Salopard de r'miste, c'est moi qui te paye à rien foutre toute la journée et tu veux m'empêcher de nourrir ces bêtes qui ne t'ont rien fait. Va travailler va, à ton âge t'as pas honte ? Et naturellement, une autre voisine nous croise à ce moment.
Faudrait que j'écrive ses paroles en caractères gras, afin qu'on ressente sa haine.

Elle répète ses mêmes arguments une autre fois, sur le même ton, les mêmes mots, mais dans un ordre différent et avec une violence étonnante chez une femme de cet âge, tellement que je n'ai su quoi répondre. Enfin, j'ai juste dit :

— Espèce de grosse vache, va ! Grosse vache ! Et je suis parti.

Pas de quoi être fier de la répartie... Ce dialogue à jamais gravé dans les "caches" du web s'est déroulé il y a 8 ou 9 mois, depuis une quinzaine de jours l'endroit reste propre. On se croise de temps à autre, en regardant ailleurs. Mais, je l'entends marmonner, à mon hauteur, sale r'miste, sale faignant... ou d'autres trucs pas très avenants.

Voilà, j'ai été un bon r'miste respectueux durant des années, car ces colombes nourries en face de ma piaule, avaient pris l'habitude de se poser sur les fils  téléphoniques qui passaient au-dessus de ma deuch pour digérer aussitôt, ce qui la couvrait de fientes ; des microtrous sont apparus depuis dans la capote, heureusement, il ne pleut pas souvent dans la région, grosse vache.

Comme disait ma mère, "fait du bien à Martin, il te le rend en chiant dans ta main."



 

dimanche, 28 octobre 2007

VOILA, LE GUEUX que je suis VA PAYER PLUS !

Merci mon Trésor chéri,

Aprés avoir bloqué mon compte en banque, voir ici, parce que trop fauché pour payer une amende à 90€, j'avais demandé un étalement, tu m'as enfin proposé un arrangement à l'amiable. En effet, je vais pouvoir payer les 316,31€ en 10 fois.

Et j'ai pas intérêt à oublier, sinon les poursuites reprendront. Je suis heureux de constater qu'il y a une justice et des fonctionnaires à l'écoute de la détresse humaine, ce n'est pas parce que je suis r'miste qu'on doit me faire des cadeaux. Je sais à quoi va servir toute ma prime de Noël maintenant, si prime il y a, car c'est déjà un scandale qu'il y ait une prime à la gueusaille. Déjà que j'ai une voiture.

Je vais m'adresser, de ce pas, au Médiateur pour voir si je ne pourrais pas payer encore plus, un mois ou deux afin que mon bien adoré président puisse être augmenté.

e984fb0a8cf783ccacb65b27991d9f39.jpg<= VOILA, J'ENLEVE MON CHAPEAU, JE GALEJAIS AMI R'MISTE.

Je ne culpabilise pas, les 380€ qu'on me verse tous les 5 du mois, le 6 je les ai déjà rendus. Je paie l'EDF et toutes les TVA qui existent, exactement comme le ferait le franco-belgo-suisse-monégaste-français johnny à l'idée.

J'enrichis un peu les commerçants, et mon Trésor. J'enrichis les toubibs, les labos et les pharmaciens, ça ne me coûte rien et ça leur fait tellement plaisir.

Mes assistantes sociales comptent sur moi, mon avocate que j'ai grâce à l'aide juridictionnelle, ne me repousse pas, pour peu que j'ai pris une bonne douche avant d'aller la consulter, donc je donne aussi à la CEO ou véolia ou... ça change tout le temps de nom les distributeurs de l'eau.

Les huissiers attendent patiemment leur tour, un jour ils vont s'abattre, accompagnés d'un serrurier et d'un officier de police

Peut-être un jour, les surveillants de la pénitentiaire me prendront sous leur coupe. Parce que j'aurais craqué et me serais jeté tête première sur un bien privé, qu'il faudra réparer ; un petit job pour un maçon ou un chirurgien plastique...

Il y a aussi les journalistes qui grâce à nous remplissent des pages de journaux TV et en papier en priant de ne pas nous rejoindre un jour.

Ils pourraient  tous nous remercier quoi ?


Alors, ami gueux, soit fier de toi, ta misère contribue au bonheur de notre société qui pourtant nous conchie, l'ingrate.

samedi, 06 octobre 2007

JE SUIS MALADEEEEE, COMPLÉTEMENT.

j'ai les "trois maladies les plus minables, les plus honteuses"* qu'un homme puisse avoir dans notre société moderne, sans tabou, où faut se lever tôt pour consommer plus, et être bronzé aux dents blanches avec le sourire carnassier qui sied, et posséder sa TV plasma grand écran et son Iphone, et être bouffé par l'ambition et le paraître

Jugez plutôt:

1) je suis R'miste depuis presque 3 ans...

2) J'ai plus de cinquante ans.

3) Je suis dépressif au point de suivre un traitement (la grosse dose) et d'être suivi par des psys.

Vraiment, certains cumulent les mandats, moi c'est les mandales.

Que feriez-vous à ma place ? Je me le demande.

"Pends-toi", diront les plus cyniques. Que le cul leur pèle, qu'il y pousse des joncs et qu'on y mette le feu !

"N'arrête pas ton traitement !", mon pharmacien.

"T'inquiète, ça va aller mieux, c'est obligé !", mon voisin.

« C’est vrai, tu peux pas tomber plus bas, faut positiver », sa nana.

"Pense à autre chose, merde." , mon ex.

"Mange mon fils, t'as de quoi manger, au moins ? tu veux que je file des plats ? Prends-les...", ma mère.

"Putain, ça tombe mal, avec la rentrée (les impôts, les Fêtes,...) on a plus un franc.", je ne les compte plus.

« La résilience, tu y penses ?, oui, mais pour rebondir il faut un minimum d’énergie, non, hein, hein ? », une amie qui a lu un article du NO sur Boris.

" Pète un coup", me conseille le jeune S ici plus bas. 

-> Grand merci à S d'ailleurs, comme lui(elle)(eux) tous les lecteurs devraient me donner un amical conseil, ils contribueraient (en + c'est gratis) ainsi au bien-être d'autres personnes en proie à la même problématique.

 

*J'admet qu'il existe des maladies bien plus graves, on ne rigole pas avec celles-là, mais avec les miennes, on peut se marrer, c'est pas sérieux. T'as pas le moral? Bois un coup, con!

NE PAS TRAVAILLER ET PAYER PLUS !

9ce32bdf481bef4236ab058a7ad21704.jpg

 Il n'y en a plus qu'un qui me considère comme un citoyen lambda, c'est mon Trésor, c'est pas un surnom affectueux pour une tendre proche, non c'est du TRÉSOR NATIONAL dont je vous cause. Lui, mes maladies, il s'en bat les couilles fout.

En bref, malgré ma décrépitude présente je possède une auto, une deuch (2CV pour les + jeunes). En mars 2006, la Gendarmerie m’a flashé (je ne m’en suis pas aperçu), je me rendais à  un r d v d’ordre médical.
afdc1dab3e4826b0922a0892712704a4.jpeg Une ligne droite de 3 ou 4 kilomètres de long, la vitesse est limitée simultanément à 50 Km/h, à 90 puis à 30, puis à 90, puis à 50, encore à 90 et pour finir dans la ville d’Hyères à 50 Km/h ; la caserne de la Gendarmerie est située à peu près au milieu de cette droite. Peut-être même qu’un gendarme m’a flashé de sa chambre, en pyjama ? (je galèje, je m’excuse d’avance, je demande pardon, comment puis-je ?)

Un mois plus tard environ, je reçois la sanction, une amende de 135 euros, pour excès de vitesse. Je roulais à une «Vitesse, retenue après application de la marge technique, de 52 Km/h au lieu de 50 Km/h».

042cc4309479985cf2574abc232d50e2.jpgPour la payer, j'avais le choix, si je le faisais dans les quinze jours qui suivaient, l’amende tombait à 90 euros, mais le con de gueux que je suis n’avait pas cette somme, sinon c’était 135 € à payer dans les 45 jours.

Un autre choix( ?) attendre le 46ème jour pour allonger la monnaie et là c’est royal, 375 euros. Ce dernier choix est exclusivement réservé à ceux qui n’ont pas les moyens de choisir les deux premiers, ceux qui n’ont ni 90 ou 135 euros d’avance.

Pour formuler une requête, il faut joindre 135 € à la demande. Dans le genre, " je vous informe qu’étant r’miste je ne suis pas en mesure de payer en une fois la somme de 90€. Veuillez trouver ci-joint un chèque de 135€ en guise de ma bonne foi."

C’est qui qu’a pondu ce genre de règlement obscène ? Un député, une commission , ils n’avaient pas de pauvres dans leurs connaissances ?

J’ai fait un courrier les jours suivants, expliquant ma situation et quémandant un  éventuel étalement de la somme, pas demandé la grâce, juste un étalement, calme et courtois malgré les nœuds dans mon bide et une envie de violence. Je n’avais aucun espoir quant à la suite que donnerait l’Administration (mais c’est bien un être humain qui a lu mes suppliques !) à ma demande, je gagnais du temps, du temps de repos, du calme. Pas de réponse.

En novembre, je reçois d’un huissier un « dernier avis avant saisie de vos biens ». Si je ne paye pas dans le mois la somme de 431,28 €, on saisit mes biens. C’est super gentil et délicat l’État, il me traite comme un paria, je me traite de paria.

Je joins l’huissier et je tombe sur une oreille attentive reliée à un cerveau faisant preuve d’humanité. Passagèrement touché par ma situation, il me conseille de lui envoyer 10€ pour « arrêter l’affaire ». Je le fais et reste tranquille 10 mois.

Trois mois après l’élection présidentielle (faut rentrer du fric pour le « paquet-cadeau fiscal » des riches) ma banque m’avertit qu’une Opposition administrative a été requise par le Trésor, mais, comme mon compte est débiteur, l’État ne peut rien prendre. Ma banque oui, elle me facture 36,63€ de frais. L'État voulait me prendre, par surprise, un mois de RMI, le fourbe.

Moi qui n’osais plus me pointer dans ma succursale, allant jusqu'à me faire expédier, coûteusement (15€), mes nouveaux chéquiers, tout ça afin de ne pas me faire remarquer moi et mon compte débiteur depuis des mois, le coup était rude.

Nouveaux courriers de moi et de mon assistante sociale, je(il) suis(est) pauvre, plus que pauvre, très pauvre. Pourriez-vous m’(lui) accorder un étalement ? Pas un cadeau, je(il) veux(t) payer en plusieurs fois l’amende de 90€ qui est passée à 375€ car je(il) ne pouvais(t) pas payer les 90€ initiaux.

Monsieur, envoyez-nous un chèque de 50€ et d’autres documents. Votre demande ne sera (même) pas étudiée si l’acompte n’est pas joint. J’ai envoyé un chèque de plus de la moitié de l’amende initiale, pour le reste je ne sais pas encore. Si j’ajoute les 36€ de la banque et les 10 de l’huissier, ça fait 96€, le montant de l’amende…

Je me dis qu’il y a quelque part dans ce pays, un type ou une nana bien calé dans son fauteuil à roulettes, qui a lu mes lettres où j’étale ma détresse de gueux, ma vie, mes problèmes et qui n’a eu à mon égard qu’un regard froid, technique et mécanique, le type "bon à appliquer le règlement". J’envoyais des lettres qui n’avaient jamais de réponse.

C’est ce système qui fait que le fonctionnaire est moyennement aimé, quand je pense fonctionnaire, je pense à cette créature cachée dans un bureau avec mission de me persécuter, en attendant. Pas, à l’infirmière, aux profs et autres… flics, militaires, gendarmes... hum.

Voilà, un jour j’ai roulé à 52 Km/h et ça m’a traumatisé.

mercredi, 26 septembre 2007

MON LUC EN PROVENCE.

Sachant que le titre de la dernière note était susceptible d'heurter quelques délicats(es) lecteurs(trices) passant par là,  il fallait illico que je donne quelques explications sur ce vent de paillardise si peu coutumière sur ce blog...

Le Var, merveilleux département, recormand du nombre de piscines remplies en période de sécheresse et du nombre de retraités sans souci financier, donc sans doute, du nombre de sociétés de surveillance, de Pompes Funèbres, de Cliniques privées et de toubibs de tout poils....

Ah, naître et mourrir dans le Var... entre ces deux dates limites, il faut aller travailler et vivre ailleurs, sauf si l'on est héritiers, maffieux russes ou autres, commerçants, serveurs, plongeurs dans mer (et vaisselle), dealers de cok à ST Trop ou fonctionnaires divers dont des Armées...

Au centre du Var donc, un village, le trou de balle du Var, dirais-je si j'avais l'humeur grivoise ou la Proctologie comme spécialité; c'est là où il fait le plus chaud dans ce département, déjà bien gaté par le soleil, le relief fait penser à une cuvette.
Des 40°, sans vent... et un trou de balle, c'est là où la température se mesure chez les n'enfants. Mais un trou de balle sans vent c'est pas juste, imaginez le mistral soufflant au-dessus de la cuvette sans jamais la ventiler. Cruelle destinée pour cet endroit & ses habitants.

Et le voilà mon trou du LE LUC. Je ne sais si le brugnonier y pousse.

 

0f9497b3d6e38264e15eb34a6dc7adab.jpg

Autre particularité de cet endroit, il sent mauvais. Aux élections de 2002, la Michèle D y a fait ses 27% & même 39% dans ds villages proches. Par ici et autours, un hab/4 a voté FN. Un colonel à peine efféminé, non ? Faut aimer... C'est la coupe "béret".

Elle n'a aucun rapport direct avec le brugnon mais j'avais gardé son tract... pour faire peur aux enfants.

7edc7c52e3198e833e86034b24c3bb43.jpg

  

 

 

 

 

(Dire que je paye pour écrire de telles choses.)

lundi, 24 septembre 2007

LES BRUGNONS DANS MON LUC!

Depuis au moins 15 jours, le r'miste que je suis rêvait de bouffer de juteux brugnons bien parfumés; parfumés comme des brugnons, juteux et parfumés donc dignes de ces adjectifs, sauraient l'être. Une envie, une obsession même, et si peu d'euro pour l'assouvir ; alors, en attendant, je grignotais des sandwichs de Tucs© parfumés bacon/petit bout de jambon, mais c'était si sec, si si si dégueulasse et dur à avaler, surtout avec de l'eau de la "CEO Toulon parfum ozone/javel©". J'évitais le trottoir où  siegeait l'étal aux fruits. On peut souffrir même en temps de paix.

Je veux des brugnons, je veux mordre dans le brugnon et que son jus dégouline de mes babines et se répande de mon cou à mon buste poilu. Ou des pêches blanches mais ce n'est plus la saison pour ces dernieres.

Finalement, hier je craque, je fonce au distributeur et je retire 40 euros du découvert auquel j'ai encore droit. Je traverse le boulevard et rejoins l'épicier. Je fixe, en bavant, une cagette de brugnons. Des top-models dans leur catégorie, des couleurs grandioses, une apparence parfaite. Un peu comme celle, nouvelle(?), de nos dirigeants qui affichent un bronzage permanent et des fringues de classe. Beau dehors, à l’intérieur… c'est autre chose. L’apparence Berlusconi, c’est le nom que je cherchais.

Je saisi un fruit, le soupèse délicatement, il est un peu dur, mais ça ira, je le mangerai demain. Je vais pour en prendre un second quand les mains de l'épicier viennent se placer entre les miennes et les fruits de ma convoitise. Je comprends, faut pas que je touche le matos, j’avais pas vu la pancarte qui l’ordonne. Je m'en fous, j'en fais fi, j'arrive à passer une main entre les siennes et à récupérer un deuxième fruit, et toc. Je le regarde l'épicier, il est tout prêt de moi, il me fixe sans aucune sympathie dans le regard, pourtant c'est bien moi qui vais lui refiler du pognon.

Je détourne son attention en lui demandant l'origine d'un fruit bizarre, une grosse pomme toute blanche. Pendant qu'il m'explique que c’est une pomme au goût de poire, que c'est nouveau et qu'il m'en tend une pour me la montrer, je récupère deux autres brugnons dont un plus mur que je compte déguster dès arrivé chez moi ; en espérant qu'ils ne soient pas comme les hommes dont je cause plus haut. Des grosses pommes qui ont le gout de la poire? Vivement les petites poires au gout de pomme, ça manque.

Là, je vois que je ne me suis pas fait un nouvel ami, j'ai choisi mes quatre brugnons sans qu'il n'en touche un seul. « NE PAS TOUCHER LA MARCHANDISE,SVP », il n’a pas touché la mienne. Je vis dangeureusement.


Il me colle derrière jusqu'à la balance, au cas où j'aurai envie de tâter à droite et à gauche sur le court chemin. Il pèse et ça fait 3,95 euros. « Quand on aime on ne compte pas », con de proverbe de riche, moi j'aime et je compte, quatre euros = quatre brugnons, c’est cher, dispendieuse cette lubie.

Arrivé à l'appart, je coupe le brugnon mûr et mou en deux parties que je voudrais bien séparer, impossible, c'est rageant ce noyau qui s'accroche. Ce n'est rien, j’épluche le fruit et mords dans la chair et je la recrache aussitôt ! Pas de jus, un goût dégueulasse et l'impression d'avoir mâché du carton.

J’en prends un second, en découpe un quartier, je le sens, l’odeur du fade, j’ai découvert l’odeur du fade. Je pousse tous ces déchets de côté sur mon évier. En faisant bref, un des quatre était goûteux, les trois autres plus que douteux, immangeables. De plus, c'est moi qui les ai choisis.

Demain je ramène tout ça, chiche, si je suis un homme, je fais ça !

Demain c’est lundi, il sera fermé, mardi tout sera pourri, je l’ai dans le fion. Mangez des fruits, quatre, cinq par jour qu’on nous serine.

Je regarde ce tas de déchets, mais à quoi ça rime tout ça?  Quand je pense aux années de recherches richement dotées, aux espoirs, aux essais, aux greffes multiples et à la fierté de ces ingénieurs (les mêmes qui sont pour les OGM ?). Enfin, le passage au stade de la plantation à grande échelle de ce type d’arbres qui donnent de très jolis fruits dégueulasses à bouffer que même les parasites n’y arrivent plus; et bien je suis amené à me poser des questions, par exemple :qui gère cet immense bordel qu'est devenu le Monde?

Toute cette énergie gaspillée, tout ce pognon, pour ce fruit, pour que j’en jette 75% et que je batisse dans la hate et la douleur une théorie sur les méfaits de la néo.économie. Je hais toute la chaine, mais qui aime-je ?

FLASH-BACK en N & B, 20 ans plus tôt.

e7fc3c14a20615cb222fc0af361fa98b.jpgPourtant, tout n’a pas été toujours ainsi. J’ai le souvenir d’une tante qui vivait à Toulouse, elle vendait du nougat dans les foires, ça vous forge un caractère un job pareil.
 De passage par ici, elle avait tenu à nous faire un poulet farci à je ne me rappelle plus quoi. J’étais à ces côtés quand elle l’avait acheté sur le marché du Cours Lafayette.
Dans la cuisine, quand elle a voulu élargir le trou de remplissage du poulet, une forte odeur de pourriture en profita pour s’en échapper.
Dix minutes plus tard, elle était devant le garçon boucher, elle avait enroulé le poulet dans du papier journal et le tenait par la tête depuis son départ de la cuisine.

- Monsieur, votre poulet il est pas frais, il est même pourri ! Sentez-moi ça ! Elle attirait le chaland de sa forte voix.

Le type la toisa, elle n’était pas impressionnante physiquement. Il le prit à la rigolade.

- Et alors, qu’est-ce tu vas me faire ? Je ne suis pas dedans moi, je suis pas dans le poulet !

- T’es pas dans le poulet toi ? T’es pas dans le poulet ? Et bien prend ça au moins tu pourras plus le dire !

En même temps, elle fit tournoyer le gallinacé au-dessus de sa tête et le lâcha dans celle du garçon à la fin de sa phrase.

Le patron rappliquât du bistrot où il siégeait, afin de disperser la foule, offrit un magnifique poulet à la dame de Toulouse et l’affaire fut close.

Merci où que tu sois, tu m’avais vengé 20 ans auparavant.

mardi, 18 septembre 2007

LA LISTE... DES COURSES.

Je termine ma trilogie, après la Liste d'Hortefeux et la Liste de Mariani, je vous présente ce jour :

LA LISTE DES COURSES

 

J'ai trouvé ce faire-part dans la rue, des pneus d'auto et des chaussures d'hommes l'avaient sali.

 

cdfe47ddb4f6023df0673c7991905bdf.jpg

Quand je l'ai retourné, je me suis bien marré, car le mot Bière me semblait bien placé... Alors, j'ai tout bien nettoyé avec Gimp, et voila.

8b4b49e8378892f818310fcafd99e51b.jpg

On est bien peu de chose, non ? 

dimanche, 12 août 2007

LE TUEUR DE CHATS

Boum… Boum… Boum… Emma a 12 ans, ce sentier ne lui a jamais paru aussi facile à  monter, il mène à la plage où sa mère l’attend. Elle flotte. Boum… Boum… Boum…Le soleil éclaire si fort que tout devient blanc, le ciel, la mer, les roches. Seuls les galets ont des couleurs différentes. Boum… Boum… Boum… Sa mère est accroupie, elle tient un pinceau, aux poils teintés de rose. Les vagues de la mer blanche se répandent doucement entre les pierres colorées… Boum… Boum… Boum…

Doucement, elle ouvre les yeux. Elle s’était endormie dans son divan en regardant la télé, elle rêvait. Ce sont ces coups qui l’ont réveillée, les vibrations contre la paroi surtout, qui ont fait trembler son corps. Elle est sourde et son appareil auditif n’y fait presque plus rien, elle lit les sous-titres, elle s’endort et se réveille. Emma a 85 ans et il y a bien longtemps que sa mère s’en est allée. Elle regarde son horloge qui indique minuit trente.

À pas lents, elle va à la porte d’entrée. Qui fait ce boucan en pleine nuit dans cette baraque? Elle voudrait bien le savoir. Son immeuble donne pratiquement dans la rue. De l’extérieur, il n’y a qu’à pousser deux portes pour accéder au rez-de-chaussée où elle séjourne. Mais, les coups continuent, elle sent le sol vibrer en cadence. Donc, il faut qu’ils cessent, en priorité, au diable la prudence.

Elle éclaire le couloir du rez-de-chaussée, puis entrouvre la porte. Elle sursaute, mais elle est si petite et si ronde que ça ne se voit pas. Elle réalise qu’elle est entrain de vivre un instant peu courant. Il y a Théo, le fils du voisin du premier, il a sept ans, il est pieds nus et simplement vêtu d’un slip. Un pied posé sur une grosse pierre ronde, qui sert à tenir la porte ouverte dans la journée. C’est lui qui fait ce bruit, boum, boum, boum… en balançant la pierre contre le mur. Mais arrête-toi ! lui dit-elle. Enfin, il enlève son pied.

Il commence à s’agiter, c’était pas prévu comme ça, se dit-il. Non, non, pas du tout. Ses trois chats lui tournent autour. C’est pas le moment qu’elle débarque la mémé. Il panique, il lui adresse un plein de grimaces, il trépigne, il s’énerve, elle s’approche. Il essaye de lui faire comprendre qu’il faut qu’elle se taise ; surtout qu’elle n’exprime que du silence devant cette scène surprenante ; qu’il y a quatre étages dans l’immeuble et que ce n’est pas la peine que tous les habitants soient au courant. Un doigt sur la bouche, il la supplie de se taire. Mais, elle continue d’avancer sur lui, doucement. Qu’est-ce tu fous là, à minuit, tes parents le savent ? Elle demande.

Il panique, de son dos il appuie sur la lourde porte d’entrée de l’immeuble afin qu’elle reste bien close. Il fixe du regard la femme qui s’approche de plus en plus, il ne faut pas qu’elle ouvre, c’est ma mission. Et toi, va-t’en, rentre chez toi, je t’expliquerai demain, ça va prendre du temps, tu n’entends rien, pourquoi t’es là, mais il parle doucement, afin qu’on ne l’entende pas trop et la femme est sourde. Il ferme les yeux, compte jusqu’à trois et les rouvre, elle est toujours là.

Et maintenant, c’est lui qui avance vers elle, il semble glisser sur le sol, Emma ne comprend plus rien, alors elle recule.  Le père de Théo pousse la porte et son gosse, il veut entrer, les trois chats en profitent pour se tirer. Le fils regarde le sol, la mine navrée. Emma regarde le gaillard de la tête au pied, lui aussi est en slip. C’est l’été, mais quand même… de mon temps.

Mais qu’est-ce  qu’elle fout là ? Faut éteindre la lumière, faut pas faire de bruit. Elle voit les pierres qu’il a dans les mains, elles sont grosses et les pierres et les mains. Il est tout excité lui aussi. Le sida des chats, t’as entendu parlé Emma ? C’est une maladie qui se propage très vite, ils l’ont tous dans le quartier, on est cerné. Elle comprend le principal, elle a entendu parler de ça, mais pour le reste…

Il avait dit à son fils de faire le guet et de ne pas faire sortir les chats. Mais son fils il est un peu agité, en permanence même, et il a réussi à éveiller une femme sourde, faut le faire, hein Emma ? T’as vu, on est en slip, il la repousse gentiment, mais fermement vers son appartement. Il attend que les verrous se fassent entendre et repart, il sort dans la cour de l’immeuble. Une seule voiture est garée.

Dans les étages, les locataires présents sont tous derrière leurs rideaux et scrutent la cour.  Emma sitôt entrée, va direct derrière son volet et retire une lamelle pour bien voir, elle aussi.

Le père de Théo a fait un tas de ses pierres, il est allongé à plat ventre et il tire un de ces projectiles sous l’auto. Ça fait un bruit étrange. Puis, un second, Emma est écœurée, elle se retire.



Areuh août 2007

mercredi, 27 juin 2007

De plus en plus amer.

Au Koweit, ils ont fait une île en forme de palmier
où les riches parvenus, au mauvais gout de chiottes,
peuvent se mater les uns face aux autres.

26ca8ba71a11ac568cde37fc248189c7.jpg

En France, sur la Côte d'Azur, c'est carrément une
île en forme de chiottes qu'on devrait construire.
Surtout dans le secteur de Villefranche(ment
déguelasse) sur Mer(de) & Cie qui rejettent leurs égouts pas
loin du rivage. Lire.

38330331e431dcabb504fbe247f5fc88.jpg

 Bonnes vacances !

mercredi, 13 juin 2007

"CE SALOPARD QUI M'A PAS PAYÉ !"

J'ai sympathisé avec un SDF, il fait la manche sur le chemin que j'emprunte pour me rendre au super-market Leclarc de mon quartier. Ce Leclarc, il est trop fort, il a bouffé les 3/4 des commerçants du quartier, qui viennent maintenant se servir chez lui; il a même occasionné la fermeture du kiosque à journaux et a embauché l'ancien libraire.


Dans mon quartier, il y a de nombreux bistrots, des succursales de banques et des pharmacies. Les gens passent aux distributeurs, après ils vont boire dans les bistrots et puis ils finissent dans les pharmacies pour soigner leurs aigreurs et ulcères. Il y a même une maison de retraite de luxe, une clinique et les pompes funèbres, le tout dans un rayon de 50 mètres. J'allais oublier un labo pour passer les radios et un autre pour les analyses. Bref, c'est un chouette quartier où on peut tout faire de la naissance à la mort. Moi, je voudrais pas mourir dans mon quartier et j'aime pas le gérant du super-market. Voilà, c'est pour le décor.

Il y a donc un SDF qui s'appelle Edouardo, il est gentil, poli, il est d'origine portugaise. J'ai noué contact l'an passé, je lui donnais 2 ou 3 clops ou une pièce ou je n'échangeais que des mots. C'était réglé comme ça.

Un jour, il m'a ému plus que les autres, il avait travaillé durant un mois, pour "un salopard" qui habitait  "plus bas vers le centre-ville", l'autre avait traîné pour le payer jusqu'à disparaître. Ce jour-là, je lui donnais 10 euros, une somme pour un r'miste, avec la promesse qu'il m'en rende cinq quand il serait payé. Ce n'était pas une façon de le responsabiliser comme on dit dans le social, non, juste un arrangement particulier.


Les jours ont défilé sans que l'on se reparle, ces cinq euros avaient creusé un sillon entre nous, juste un salut de la main réciproque, des fois une clop, point.

Ce matin, je suis passé devant lui, il ne m'a pas vu arriver, il était très occupé à parler avec un vieux couple. Tout près d'eux, j'ai entendu des brides de la discussion. Avec son accent, il disait ; "Oui, j'ai travaillé un mois... et il ne m'a pas payé, le salopard... il habitait plus bas vers le centre-ville... le salopard !". La mémé avait déjà ouvert son porte-monnaie...
Quelques mètres plus loin, je me suis retourné, il m'a regardé en souriant : "ça marche les affaires ?", je lui ai demandé en clignant d'un oeil, tout un art. Un mois ! Jamais je ne l'avais vu s'absenter aussi longtemps de sa place.

A ce sujet, brave gens, je suis r'miste, j'ai travaillé durant un mois pour un salopard du centre-ville qui m'a pas payé, vous pouvez m'envoyer un peu des euros... svp.

vendredi, 01 juin 2007

MARILYN MANSON : 01 - DIOCESE VAROIS : 00

Le Diocése du Var a un site internet, le 30 mai  2007, il appelait ses ouailles disponibles à aller, (d'urgence) effectuer sept fois le tour de la salle Zenith de Toulon en priant et à pied. C'était du sérieux, fallait combattre Satan. Faut savoir que Marilyn Manson y débutait sa tournée européenne, faut préciser aussi que le cimetiere n'est pas très loin. (Voir google earth, si doute)


Pourquoi sept tours?  Et bien, ça n'a aucun rapport (contrairement à ce que je pensais) avec les six jours que Dieu a utilisés pour créer tout ça et se reposer le septième; l'église se plaçant s'entrée de jeu du côté des patrons.

Non, le sept servant de référence ici, est le le nombre de jours qu'il a fallut aux prêtres, pour  délivrer la ville de Jéricho. Ils tournèrent  ainsi, en priant et en "poussant de cris de miséricorde" jusqu'à ce que les murailles s'écroulent, et ce,"à la demande du Seigneur", dixit un derviche toulonnais.
Moi, je n'aurais pas tenu autant ! (ndlr)


A Toulon, ils n'étaient qu'une cinquantaine, à défiler sous la pluie. Leur moyenne d'âge ne leur a pas permis de tenir la distance, six tours à peine pour le père de la paroisse du quartier le plus huppé de la ville, moins pour le vicaire. Dieu n'a pas empêché le concert, mais à évité une longue marche de retour douloureuse pour les marcheurs usés, le siège du Diacre de Toulon se situant à 100 mètres sur la droite en sortant du Zénith, Dieu est bon, il y avait même du vin chaud.

Sinon, les deux composantes échangèrent forts gestes amicaux, le majeur tenu vers le ciel pour les uns, des gesticulations vindicatives, formulées par des mouvements de croix, frottées à l'ail, de l'autre.

Le rocker ne pouvait pas rêver meilleure campagne de pub, pour rappeler son existence. Amen.

samedi, 31 mars 2007

malentendus

Quand je suis sorti du ventre de ma mère, par un tout petit orifice, et que j'ai aperçu ces mains caoutchouteuses qui se tendaient vers moi, j'ai voulu crier : "Non! Non! Pas moi, pas sur la tête! Non!". Mais, aucun son n'est sortie de ma bouche et de plus je ne parlais pas la langue.

J'ai compris quand elles m'ont tapé sur les fesses que j'allais en "chier" toute ma vie et je me suis mis à hurler, que faire d'autre?   À ce moment tous ceux qui étaient dans la pièce se sont mis à rire autour de moi, que des sadiques.

Depuis, je collectionne les malentendus. 

 

AUTRE CHOSE 

 

medium_tapis_volant_bon_.jpg

 Aujourd'hui, il faisait trop de vent et le tapis volant, que j'élevais depuis qu'il était tout petit, c'est sauvé, si vous le voyez prière de le ramener. Voici sa photo à gauche.

 

Ps: "amis" chasseurs, épargnez le, svp.

 

 

 Vivement la fin des élections, qu'on continue à "se le faire mettre", sans en plus devoir supporter [à la TV, sur le net, sur les murs, à la radio et ds le journaux...] tous ceux qui veulent remplir cette fonction.

 

samedi, 03 mars 2007

LE CHIFFRE QUI FAIT PEUR.

medium_le_chiffre.2.jpg
 Cliquez dessus pour le voir en plus grand.
Il me fait tellement peur, que je l'ai attaché.
 
Désolé... je retourne là où j'étais. 

mardi, 23 janvier 2007

la boîte en carton

Il y a deux ans, j'étais assis face à une employée de la Sécu, afin de régler un problème anodin. Tout se passait bien, j'avais les papiers qu'elle me réclamait, elle s'est absentée pour photocopier tout ça.

À ma droite, sur une autre chaise, il y avait un vieil ouvrier agricole arabe, qui avait fait 20 km en bus pour arriver ici. Ce n'était pas la première fois qu'il venait. J'ai entendu tous ces renseignements malgré moi, impossible de fermer les oreilles. À ses pieds, il y avait un carton rempli de papiers,  tous bien classés verticalement.

Chaque fois que l'employée de la Sécu lui réclamait un imprimé, il disait oui d'un hochement de tête : il se baissait et au bout d'un moment, plus ou moins long, il se relevait et souriait en lui tendant le papier demandé. Ce mouvement se répéta six fois.
Je ne sais si c'était dû à mon imagination ou à mon état d'esprit du moment, mais j'avais l'impression que ça irritait la fonctionnaire, maussade ce jour-là, de ne pouvoir coincer le petit vieux, il avait tous les papiers cette fois. Son visage à lui reflétait le bonheur.

Dehors, il m'expliqua que chaque fois on lui réclamait un document qu'il n'avait pas ; mais que ce temps était révolu, sa vie était dans cette boîte, elle l'accompagnait dans tous les bureaux.

mercredi, 03 janvier 2007

Charité chrétienne quand tu nous tiens...

Et oui, mes très chers frères :
  
medium_ignorer.2.jpg
Mais, faut pas exagérer quand même,
lisez la prière du soir :
 
medium_priere.4.jpg
Et, allez mendier ou dormir ailleurs !
medium_le_magasin.2.jpg
 
Amen ! 
 
 
 
 
 

mardi, 02 janvier 2007

A tes souhaits 2007, Lilli.

 

vendredi, 01 décembre 2006

Cinq euros, six mois de "bonjour!"

medium_requin.jpgJe passe tous les jours, pour aller acheter mes clops, devant une poissonnerie. Je regarde l'étal, puis le poissonnier, il ne m'a jamais salué depuis des années. Je n'achète jamais de poisson et je n'ai plus les moyens de me payer des coquillages, ce qui explique ce mépris, je pense. Et puis je ne peux saluer tous les commerçants du quartier.

Au début de cette année, je me suis retrouvé dans la queue formée par des parieurs PMU du dimanche, il était devant moi. Un billet de cinq euros est tombé de sa poche arrière quand il en a sorti ses bordereaux. Je l'ai ramassé, j'ai tapoté sur son épaule et lui ai tendu le billet. Il était très content. Je n'ai pas gagné au tiercé ce jour-là, comme quoi un bienfait peut-être perdu quoique en dise le proverbe.

A partir de ce jour, ce monsieur me fit un grand sourire en me saluant à chacun de mes passages. Même quand je le croisais sur le trottoir où à la poste, sa moustache décollait et j'apercevais sa dentition. 

Six mois, ça a duré six mois et puis, le fréquence des salutations a baissé pour définitivement stopper. Il ne me regarde plus.


Autre chose, sans aucun rapport avec mon histoire passionnante avec le poissonnier. J'ai envoyé ce matin mon 200 ème CV avec photo à un employeur. Il y a donc des centaines de gens que je ne connais pas mais qui eux savent tout sur moi. Toute ma vie privée, professionnelle, mes passe-temps, ça ne me plaît pas du tout, surtout pour ce que ça me rapporte. Ces millions de chômeurs, de CV, c'est un énorme fichier, ça m'étonne qu'un diplômé ne se soit pas encore jeté sur ce marché.

 

mercredi, 01 novembre 2006

RADIÉ DES LISTES DE L’ANPE POUR INCONTINENCE ??

 

Avertissement
Tous les mois depuis le 11/04/2006, 300 personnes en moyenne tapent anpe sur le moteur Google, dans l’espoir de trouver une agence, de l’aide, un espoir (de – en -) et tombent sur la page qui accueille le texte ci-dessous.
Le référencement est une science très obscure pour moi, je ne comprends pas pourquoi cet article est toujours aussi bien classé alors qu’il ne porte qu’une information fort anecdotique. Mais je ne résiste pas…

 

RADIE DES LISTES DE L’ANPE POUR INCONTINENCE ??
ou: VICTIME COLATERALE DU PLAN VIGIPIRATE



"Peut-on être effacé des statistiques concernant le chômage par la faute d’une urgente envie de pisser ?" C’est ce que se demande Monsieur areuh en sortant précipitamment de l’agence ANPE de sa ville.

Bureau où il s’est rendu afin de récupérer un dossier ACRE destiné à l’aider à créer lui-même son travail. C’est l’époque du kit, on acquiert des tas de trucs à monter soi-même, comme le Mécano dans le temps, pareil on fait son job. ACRE c’est le mode d’emploi. Il a entendu que l’on aidait les R’mistes à créer leur boîte.

Il se retrouve dans la ruelle longeant l’ANPE, il cherche un endroit caché du regard des autres. Super, une grosse camionnette de location est garée en épis. Il se remercie de ne pas être du sexe féminin. Il sort son robinet et commence à se soulager, mais ça lui semble interminable, ce n’est qu’un maigre filet et lui désirait un peu plus.

La rue, déserte dix secondes auparavant, est soudain encombrée de chômeurs convoqués. Pis, une voiture de la Police Nationale ralentie sur le boulevard perpendiculaire. Avec empressement, il range son sexe, il se sent dans la peau d’un «pipi-pirate» honteux. Il revient dans les locaux de l’Agence et rejoint sa place dans la salle d’attente, où il avait déjà passé une heure avant sa sortie peu glorieuse.

***


Pourquoi en est-il là ? Il regarde sa chaussure noire parsemée de gouttes. Il s’en veut, mais il y avait une urgence.

Il s’est pointé à 14h30, la fille brune de l’accueil lui a remis le numéro 25 imprimé sur un ticket. Le tableau à cristaux liquides affichait le 23. Au bout d’une demi-heure, la situation du tableau n’avait pas évolué au contraire de celle de Monsieur areuh ; en effet, était née en lui une forte envie de se rendre aux toilettes.

Ce n’était pas la première fois qu’il se pointait (sic) ici. Il connaissait les lieux, arrivé devant la porte des w-c, il constata qu’elle était fermée à clef. La jouxtant, une autre porte était entrouverte, elle donnait dans un bureau où une employée ANPE tapotait sur son clavier.

S’excusant, au préalable, de son outrecuidance d’oser l’interrompre dans sa tâche, il lui demanda, s’il fallait une clef pour se rendre aux WC et si oui, à quelle personne il devait s’adresser afin de se la faire remettre.

Froissée d’avoir été confondue avec une vulgaire « madame pipi », elle répondit sèchement :

— C’est fermé à cause du plan Vigipirate ! Il y a une affiche, vous n’avez qu’à lire l’affiche !

medium_vigipirate.jpg

Il repart vers l’accueil, la fille brune est là, coiffée à la garçonne année 60, une frange, un brushing sur le sommet de la tête ; vêtue de noir, gilet et pantalon fuseau, chaussée de bottines à talons carrés.

Ses talons sont très durs — peut-être ferrés, mais c’est si rare à notre époque. Quand elle se déplace ça fait tac-tac-tac-tac  sur le sol. L’ancêtre du GPS, on sait où elle va, on la suit au son. On sait quand elle stoppe, combien de temps elle y reste et en prime plus la cadence des tacs nous indique sa vitesse.

Gêné, il lui explique son problème. Elle lui dit qu’il n’y a pas de problème. Tac-tac-tac- tac, elle le précède devant la porte fermée.
Comme lui précédemment, elle s’adresse à la personne de la porte contiguë qui imperturbablement lui renvoie la même réponse que précédemment :
 — Vigipirate ! Point barre !

Une troisième employée passe dans le couloir, elle corrobore :
— Vigipirate !

Il a beau expliquer qu’il n’a aucun paquet sur lui, qu’il n’a rien à abandonner dans les toilettes sinon un petit dépôt liquide, vite évacué par la chasse d’eau, mais rien n’y fait.

Et elles, elles font où quand elles ont envie ? qu’il demande.

Ce n’est pas pareil ! Elles travaillent, elles ! Et justement, elles ont autres choses faire qu’expliquer trois fois les consignes à la même personne alors qu’elles sont affichées en noir sur blanc — voir l’affiche — justement pour leur éviter ce travail.

De tac en tac, il repart avec la brune à l’accueil, peut-être que, touchée par son air attristé de cocker neurasthénique, elle lui indiquera l’endroit où elle se rend en cas de tel besoin.

Non, sincèrement désolée, elle lui conseille d’aller dans le bar situé juste dessous l’agence. Il lui rétorque que ce n’est pas un bon plan pour lui vu qu’il va falloir qu’il consomme, que donc il va se re-remplir en plus qu’il faudra payer. Humoristiquement, il lui demande si elle est au pourcentage avec le patron du bistrot. Il se rassoit et tient encore un quart d’heure.

Comment font les autres demandeurs d’emplois, qui attendent leur tour, quand leur arrivent de telles envies ? Mystère, quoique quelques visages crispés… Peut-être étaient-ils au courant pour Vigipirate et se sont-ils abstenus de boire, durant trois heures, avant leur rendez-vous ? Venir à jeun comme pour les prises de sang.

Faudra qu’il y pense la prochaine fois. Il ne tient plus, il est traité comme un terroriste, juste un pauvre chômeur qui part illico se vider sur la roue d’une camionnette.

***


Sa chaussure est sèche, il est 15h50, sa vessie lui fiche enfin la paix, c’est le côté positif. D’un autre, le tableau affiche toujours le 23, des personnes arrivées bien avant lui — avec des rendez-vous — sont déjà reparties chez elles.

Une quinzaine de chômeurs attendent et seulement deux conseillers pour les recevoir. Dans le groupe, il reconnaît une vieille amie, il s’en approche et lui explique qu’il est là depuis une heure et demie, juste pour retirer des imprimés. Pour elle, c’est plus important, il faut qu’elle actualise sa situation, c’est urgent, c’est le dernier jour, la dernière heure.
Il lui donne son ticket. Ils discutent un peu, elle approche l’oreille, sans doute parle-t’il trop bas ? Il en embrasse le lobe et il s‘en va, il lui téléphonera c'est promis. Il reviendra demain pour l’ACRE.

Dans son bus, Monsieur areuh se demande s’il est possible que des chômeurs incontinents se soient fait virer des listes pour ne pas avoir pu honorer leur rendez-vous devant leurs conseillers ANPE qui eux ont l’avantage, entre chaque client, de pouvoir aller pisser en paix !

Si vous en connaissez, prévenez-moi, on créera une association.

vendredi, 27 octobre 2006

LA MOUSSE [Nouvelle 08]

Sur la liste, il y avait quantité de noms inscrits avant le mien. Certains avaient déjà acquis une belle notoriété dans leur spécialité, d’autres avaient fait la une de divers journaux, les meilleurs avaient eu droit à leur heure de gloire grâce à des passages furtifs sur les chaînes de télé. Mais, cela n’a pas compté aux yeux du directeur du centre socio-culturel.

Il a lu mon dossier attentivement, m’a posé quelques questions, afin de cerner ma personnalité et finalement, m’a annoncé que je commençais le lendemain. Le temps passerait mieux en travaillant. De plus, ce poste me convenait tout à fait, j’aime les livres, c’est physique.

Une semaine après avoir déposé ma candidature, j’étais bibliothécaire. Six mille livres et des tas de revues, dans sa catégorie, la bibliothèque était une des plus importantes du territoire. Trois cents personnes postulaient à cet emploi et c’était moi l’élu.

Les jours ouverts au public, trois par semaine, je restais derrière un bureau sur lequel était posé un ordinateur. Chaque livre avait une référence, chaque lecteur un numéro. Il me fallait saisir les deux sur la même fiche du logiciel quand le deuxième se présentait à moi avec le premier sous le bras. La durée de l’emprunt ne devait pas dépasser la quinzaine.
Les deux autres jours, je faisais du rangement, je réparais les couvertures abîmées, je lisais et je pensais. À force de penser, je m’abîmais.
Mon prédécesseur à ce poste, qui m’avait formé avant d’être muté ailleurs, avait choisi un rangement par thèmes, rayon roman, rayon scientifique, Arlequin — peu lu — historique et un rayon «divers».

Au bout de quelques semaines, je connaissais tous les lecteurs de l’endroit, bien qu’il y ait beaucoup de mouvement. J’avais échangé quelques mots avec tous ; même les plus timides, les plus primitifs me serraient la main et me demandaient conseil sur les bouquins. Il y avait des groupes qui se formaient, de grandes tables leur permettaient d’échanger confortablement des idées et des paroles,.

Presque tous, sauf un.

J’étais entré en fonction le lundi suivant l’entretien avec le directeur. Et, je l’avais remarqué, il était là, le premier à l’heure d’ouverture. Il venait tous les lundis, il restait planté devant le rayon histoire.
Il était à la recherche de toutes les biographies existantes, sur toutes sortes de personnages historiques. Sa fiche m’avait appris qu’il avait déjà consulté les trois quarts du rayon. Il n’était inscrit que depuis trois mois, une biographie est bien souvent aussi épaisse qu’un bottin téléphonique, il repartait toujours avec trois volumes, c’était un gros consommateur.

Personne ne lui adressait la parole. Mon prédécesseur m’avait conseillé de me tenir à l’écart de ce type, «que c’était le genre à ne plus se décoller de sa proie», je n’avais pas saisi la métaphore et, pas posé de question.

Un autre lundi, je rangeais des livres sur des rayons, mes yeux ont traîné brièvement dans sa direction.
Sans demande de ma part, il a saisi ce regard fugitif comme s’il s’agissait du filin lancé du paquebot au naufragé.

Il m'expliqua qu'il passait tout son temps à faire un arbre généalogique et qu’il fallait que je lui récupère toutes les biographies dont il avait noté les références sur une feuille qu’il me donna.

Jusqu'à cet instant, je pensais famille pour ces arbres-là. Lui voyait immense, l'arbre de France, partir de Charlemagne, et terminer par lui-même.

— Pourquoi Charlemagne ?
— Parce que c’est le personnage le plus ancien du rayon !

L’homme était petit, rond, dégarni et brun. Il ressemblait à une poupée russe aplatie dans un miroir déformant. Ses yeux sombres, fiévreux étaient trop rapprochés. La vie n’avait pas dû être simple pour lui, il était parti avec un fort handicap.

Quand il conversait, il y avait toujours de la salive qui reliait ses lèvres. Aussi, en l'écoutant par politesse, je m’accordais le droit de porter mon regard sur ce phénomène et je ne voyais plus que cet endroit.
Je regardais sa bave, j’avais tout temps, plus ses lèvres s'activaient plus la mixture semblait épaisse, consistante. S'étirant en minces filets blancs quand sa bouche s'ouvrait pour laisser passer un mot ; créant un petit monticule moussant sur la lèvre inférieure, comme de l’écume.

Je ne sais pas pourquoi je réagissais ainsi, sans doute le contexte ; si cette rencontre se produisait aujourd'hui, je suis sûr que je n’agirai pas de la même manière, sans doute le lieu. Je regardais, je l’écoutais pas.


Quand il se présentait au guichet, pour rendre les ouvrages, j'évitais de prononcer la formule : « Comment ça va ? », très usitée lorsque deux personnes se saluent dans notre pays. Juste un « Bonjour » neutre et bref.

Je ne lui demandais jamais si ça allait, je redoutais les conséquences, ses confidences. Je me contentais d'enregistrer ses retours et ses emprunts le plus simplement possible ; pas de commentaire, même pas sur la météo, pour finir peu généreusement avec un : «à lundi prochain !»

Mais un jour, il me prit à l'abordage. Il me demanda si je savais ce qu'était un enfant et si j'aimais ça, les gosses ?

Je lui répondais qu’il était bien tombé, que j'en avais deux, une grande, un petit, une fille, un garçon. Je lui faisais part de mon inquiétude concernant ce sujet, tout en l’amenant vers la sortie. En effet, si j'en avais eu un troisième et que la nature eut voulu respecter cet équilibre parfait, aurait-il été androgyne ? Quelle taille aurait-il ? Malgré leur incohérence, il sembla satisfait par mes propos, il me le manifesta par un sobre acquiescement de tête. L’hermétisme volontaire de mes allégations, portées par un grommellement, ne l’avait en rien dissuadé. Il était satisfait.

En vérité il se foutait de ma réponse. Peu lui importait qu'elle ne soit constituée que de mots qui se suivaient sans aucun sens précis, il voulait entrer, c'était tout.

Les enfants étaient la clef avec laquelle il avait trouvé l’entrée, il ne lui restait plus qu'à prendre possession des lieux. Il pouvait déposer ses obsessions, ses tracas, en vrac dans ma tête ; il avait enfin trouvé quelqu'un avec qui les partager. Il n’y avait plus que nous dans la salle, c’était l’heure de la fermeture pour les abonnés. Il avait trouvé la faille.

Vite, il fallait qu’il parle vite avant de sortir, aurait-il une autre occasion ?. Je n’avais aucune envie de l’entendre, j’avais mes problèmes, je savais que les siens ne régleraient pas les miens.

Lui aussi avait des enfants, il les adorait et ils le lui rendaient tellement bien... Enfin, tout cela c’était du passé, maintenant il ne les voyait plus du tout.


— À l’heure où je vous parle, ils ont un nouveau papa. Ils sont obligés de l'appeler Papa, sinon il les tape…

Lui avait confié sa petite dernière, en s'accrochant à sa jambe, un jour de visite. Lequel, je ne sais pas, car il me livrait le tout dans le plus profond désordre.

— Leur nouveau papa est un maquereau, me précisa-t-il.

Il s'excitait en se confiant, il avait un débit très rapide, il profitait à fond du bonheur que je lui offrais : l’écouter. Il devait être très seul.
Mon oreille était comme un entonnoir, ses mots s'écoulaient, son débit saccadé me saoulait. Il en profitait.

Et toujours cette salive malaxée, à l'apparence d’un blanc d’oeuf battu en neige, installée dans les coins de sa bouche. On m’a dit bien plus tard que les neuroleptiques procuraient ce genre d’effet secondaire. Ses yeux étaient encerclés par un trait sombre, constitué d'épais sourcils et de cernes consistants.


Il me confirma qu’il avait bien vu que sa femme lui criait quelque chose, mais il n'avait pas compris. Il était au volant de la voiture, le moteur tournait, elle était debout, au milieu de la rue, les mains sur les hanches, devant tous les voisins, elle le provoquait, le ridiculisait encore une fois, en public.

Alors, il n'avait pas hésité, il lui avait foncé dessus, il était passé sur ce corps. Méticuleux, il avait rajouté une marche arrière, pour toutes ces d’années d’humiliation. Puis, il avait garé sa voiture, sans aucun regard pour le corps.

Il avait rejoint le bar le plus proche et avait prévenu la police. Le patron du troquet lui avait répété ce qu'elle avait crié : « Vas-y, fais-le si tu es un homme, qu'elle t'a dit ! »

Donc, sans comprendre ses paroles, il le lui avait prouvé, c’était bien un homme…
— Elle est allée trop loin ! Il savourait son dernier cognac en se confiant au bougnat. Elle est allée trop loin, si tu savais…


Quelque temps auparavant, à Marseille — il vivait dans cette ville —, « ils » — j’avais compris sa femme et son amant — lui avaient enlevé ses gosses. « Ils » les avaient emmenés dans la capitale. « Si tu essayes de les revoir, on te tue ! », lui avait téléphoné sa femme.

La défiant, il y était allé, mais il avait failli se tuer tout seul dans un accident de la route, il avait dû rebrousser chemin après un séjour à l’hôpital, et personne n’avait pris en compte cette preuve d'amour, de courage.

Il était devenu la risée de son quartier, tous ces gens riaient de lui, même ses anciens amis, même les commerçants, ceux-là mêmes chez qui il dépensait son argent quand il existait encore ; « cocu » qu'il entendait, qu'il voyait dans leur regard.

Il y avait ceux-là, mais en quittant la rue, il rentrait chez lui et il y avait sa famille, avec ses regards et ses sous-entendus.

Alors, désespéré, il avait essayé de se suicider deux fois, sans parvenir à sa fin. Les comprimés qu’il avait avalés n’étaient pas assez puissants, il avait dormi presque trente-six heures d'affilée. L’anneau auquel il avait noué la corde s’était descellé au mauvais moment, le bloc de ciment qui le tenait, lui avait déplacé une épaule. Accentuant par son incapacité à mourir, le ridicule qu'avait occasionné son incapacité à exister.

Il était allé se plaindre à la police, au juge, du fait qu'il ne pouvait plus voir ses enfants, mais sa femme l'avait devancé dans tous ces endroits où il aurait pu trouver de l'aide. C’était elle la responsable sur le Livret de Famille. Aucun ne le croyait, il n'intéressait plus personne, il n'était plus crédible. Il avait besoin d'une amicale oreille à qui se confier, il n'en trouvait pas, plus rien ne lui prêtait un semblant d'attention, sauf moi, acculé.

Il  avait beaucoup de temps de libre devant lui, quinze ans au moins. Peut-être, tentait-il en créant son arbre généalogique universel de retrouver quelle était la cause génétique de son malheur présent.
Qui en était responsable ? Pourquoi en était-il là ?

Il était en colère, on lui avait donné la vie, toutes les questions qui vont avec et pas de mode d'emploi, ni de réponse toute prête à cocher, comme dans les tests qu’on lui avait fait passer. Tout était compliqué.


Je refermais la porte derrière lui. Une heure, de rangement de rayons, plus tard, je franchissais la même porte, je descendais un escalier en colimaçon, sans fenêtre. À l’arrêt devant une porte, je sonnais à l’aide d’un bouton placé à cet usage. Il était relié au QG de surveillance du bâtiment, un type en uniforme bleu devait regarder une lumière rouge clignoter sur son plan de travail. Il devait aussi regarder ma tête dans l’écran correspondant à la caméra qui me filait depuis la bibliothèque. Il me connaissait, il appuya sur le bouton rouge qui passa au vert, ma porte se débloqua, j’arrivais au nœud central de la Maison d'arrêt.

Un long couloir sans fenêtres, fortement éclairé par des néons, me mena tout droit à ma cellule, j’étais heureux d’y trouver une lettre, glissée sous la porte par le surveillant, à l’extérieur des personnes m’aimaient encore.

FIN

mardi, 26 septembre 2006

Le Couvert Préhistorique.

medium_tableaufACE.4.jpgCette découverte va me rendre célèbre. Jugez par vous-même : j'ai trouvé, en creusant dans mon jardin, des ossements étonnants. Je l'ai retourné entièrement ce jardin, afin d'être certain de ne rien oublier.

Dans un premier temps, j'ai pensé avoir affaire à la patte (voir os constituant la fourchette) d'un oiseau vieux de plusieurs milliers d'années. Mais, après de nombreuses journées de réflexions, d'essais, de plans, de supputations... il a bien fallu que je me rende à l'évidence et, bras tendus vers le ciel, j'ai capitulé devant elle. Quelque chose d'énorme s'imposait tranquillement à moi et ce, au fur et à mesure que je trouvais la place logique de chaque os.

 

Il s'agissait bien des RESTES D'UN COUVERT PRÉHISTORIQUE.

N'ayant pas de dateur au Carbone 14, je ne peux pas sérieusement situer l'heure de la mort de la bête. 

 

J'ai fait un moule pour permettre au commun des mortels, de ce monde entier, de posséder quelque chose de mieux qu'une photo basse résolution piquée sur le woueb.  Une copie en relief en platre costaud réalisée par mes doigts et encadrée par les mêmes, peut vous être livrée. (30 x 40 cm)

Envoyer votre fric adresse et vous verrez. C'est très décoratif dans une cuisine !


Futurs acheteurs, je vous aime déjà.