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mercredi, 01 novembre 2006

RADIÉ DES LISTES DE L’ANPE POUR INCONTINENCE ??

 

Avertissement
Tous les mois depuis le 11/04/2006, 300 personnes en moyenne tapent anpe sur le moteur Google, dans l’espoir de trouver une agence, de l’aide, un espoir (de – en -) et tombent sur la page qui accueille le texte ci-dessous.
Le référencement est une science très obscure pour moi, je ne comprends pas pourquoi cet article est toujours aussi bien classé alors qu’il ne porte qu’une information fort anecdotique. Mais je ne résiste pas…

 

RADIE DES LISTES DE L’ANPE POUR INCONTINENCE ??
ou: VICTIME COLATERALE DU PLAN VIGIPIRATE



"Peut-on être effacé des statistiques concernant le chômage par la faute d’une urgente envie de pisser ?" C’est ce que se demande Monsieur areuh en sortant précipitamment de l’agence ANPE de sa ville.

Bureau où il s’est rendu afin de récupérer un dossier ACRE destiné à l’aider à créer lui-même son travail. C’est l’époque du kit, on acquiert des tas de trucs à monter soi-même, comme le Mécano dans le temps, pareil on fait son job. ACRE c’est le mode d’emploi. Il a entendu que l’on aidait les R’mistes à créer leur boîte.

Il se retrouve dans la ruelle longeant l’ANPE, il cherche un endroit caché du regard des autres. Super, une grosse camionnette de location est garée en épis. Il se remercie de ne pas être du sexe féminin. Il sort son robinet et commence à se soulager, mais ça lui semble interminable, ce n’est qu’un maigre filet et lui désirait un peu plus.

La rue, déserte dix secondes auparavant, est soudain encombrée de chômeurs convoqués. Pis, une voiture de la Police Nationale ralentie sur le boulevard perpendiculaire. Avec empressement, il range son sexe, il se sent dans la peau d’un «pipi-pirate» honteux. Il revient dans les locaux de l’Agence et rejoint sa place dans la salle d’attente, où il avait déjà passé une heure avant sa sortie peu glorieuse.

***


Pourquoi en est-il là ? Il regarde sa chaussure noire parsemée de gouttes. Il s’en veut, mais il y avait une urgence.

Il s’est pointé à 14h30, la fille brune de l’accueil lui a remis le numéro 25 imprimé sur un ticket. Le tableau à cristaux liquides affichait le 23. Au bout d’une demi-heure, la situation du tableau n’avait pas évolué au contraire de celle de Monsieur areuh ; en effet, était née en lui une forte envie de se rendre aux toilettes.

Ce n’était pas la première fois qu’il se pointait (sic) ici. Il connaissait les lieux, arrivé devant la porte des w-c, il constata qu’elle était fermée à clef. La jouxtant, une autre porte était entrouverte, elle donnait dans un bureau où une employée ANPE tapotait sur son clavier.

S’excusant, au préalable, de son outrecuidance d’oser l’interrompre dans sa tâche, il lui demanda, s’il fallait une clef pour se rendre aux WC et si oui, à quelle personne il devait s’adresser afin de se la faire remettre.

Froissée d’avoir été confondue avec une vulgaire « madame pipi », elle répondit sèchement :

— C’est fermé à cause du plan Vigipirate ! Il y a une affiche, vous n’avez qu’à lire l’affiche !

medium_vigipirate.jpg

Il repart vers l’accueil, la fille brune est là, coiffée à la garçonne année 60, une frange, un brushing sur le sommet de la tête ; vêtue de noir, gilet et pantalon fuseau, chaussée de bottines à talons carrés.

Ses talons sont très durs — peut-être ferrés, mais c’est si rare à notre époque. Quand elle se déplace ça fait tac-tac-tac-tac  sur le sol. L’ancêtre du GPS, on sait où elle va, on la suit au son. On sait quand elle stoppe, combien de temps elle y reste et en prime plus la cadence des tacs nous indique sa vitesse.

Gêné, il lui explique son problème. Elle lui dit qu’il n’y a pas de problème. Tac-tac-tac- tac, elle le précède devant la porte fermée.
Comme lui précédemment, elle s’adresse à la personne de la porte contiguë qui imperturbablement lui renvoie la même réponse que précédemment :
 — Vigipirate ! Point barre !

Une troisième employée passe dans le couloir, elle corrobore :
— Vigipirate !

Il a beau expliquer qu’il n’a aucun paquet sur lui, qu’il n’a rien à abandonner dans les toilettes sinon un petit dépôt liquide, vite évacué par la chasse d’eau, mais rien n’y fait.

Et elles, elles font où quand elles ont envie ? qu’il demande.

Ce n’est pas pareil ! Elles travaillent, elles ! Et justement, elles ont autres choses faire qu’expliquer trois fois les consignes à la même personne alors qu’elles sont affichées en noir sur blanc — voir l’affiche — justement pour leur éviter ce travail.

De tac en tac, il repart avec la brune à l’accueil, peut-être que, touchée par son air attristé de cocker neurasthénique, elle lui indiquera l’endroit où elle se rend en cas de tel besoin.

Non, sincèrement désolée, elle lui conseille d’aller dans le bar situé juste dessous l’agence. Il lui rétorque que ce n’est pas un bon plan pour lui vu qu’il va falloir qu’il consomme, que donc il va se re-remplir en plus qu’il faudra payer. Humoristiquement, il lui demande si elle est au pourcentage avec le patron du bistrot. Il se rassoit et tient encore un quart d’heure.

Comment font les autres demandeurs d’emplois, qui attendent leur tour, quand leur arrivent de telles envies ? Mystère, quoique quelques visages crispés… Peut-être étaient-ils au courant pour Vigipirate et se sont-ils abstenus de boire, durant trois heures, avant leur rendez-vous ? Venir à jeun comme pour les prises de sang.

Faudra qu’il y pense la prochaine fois. Il ne tient plus, il est traité comme un terroriste, juste un pauvre chômeur qui part illico se vider sur la roue d’une camionnette.

***


Sa chaussure est sèche, il est 15h50, sa vessie lui fiche enfin la paix, c’est le côté positif. D’un autre, le tableau affiche toujours le 23, des personnes arrivées bien avant lui — avec des rendez-vous — sont déjà reparties chez elles.

Une quinzaine de chômeurs attendent et seulement deux conseillers pour les recevoir. Dans le groupe, il reconnaît une vieille amie, il s’en approche et lui explique qu’il est là depuis une heure et demie, juste pour retirer des imprimés. Pour elle, c’est plus important, il faut qu’elle actualise sa situation, c’est urgent, c’est le dernier jour, la dernière heure.
Il lui donne son ticket. Ils discutent un peu, elle approche l’oreille, sans doute parle-t’il trop bas ? Il en embrasse le lobe et il s‘en va, il lui téléphonera c'est promis. Il reviendra demain pour l’ACRE.

Dans son bus, Monsieur areuh se demande s’il est possible que des chômeurs incontinents se soient fait virer des listes pour ne pas avoir pu honorer leur rendez-vous devant leurs conseillers ANPE qui eux ont l’avantage, entre chaque client, de pouvoir aller pisser en paix !

Si vous en connaissez, prévenez-moi, on créera une association.

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