samedi, 14 juin 2008

L'HOMME QUI VOULAIT RENDRE LES GENS HEUREUX

Durant une autre vie, celle où je travaillais encore, où je n'avais pas encore atteint ma date de péremption, j'ai occupé un poste d'animateur dans un centre d'accueil d'urgence. Pour ceux à qui ce terme ne dit rien, ceux qui donc n'ont jamais connu la vie de SDF, il s'agit d'une structure qui héberge dans la journée ceux qui n'ont plus de toit.
Dans mon cas, ce lieu comprenait une grande cours où l'on pouvait se détendre ailleurs que sous le regard culpabilisateur des passants honnêtes et une salle servant de lieu de repas et de réunion.
J'animais un atelier d'écriture qui avait débouché sur la création d'un journal rédigé à moitié par les "accueillis" — on avait du mal avec le terme SDF— et l'autre par ceux de l'équipe sociale.
J'avais été embauché dans le cadre d'on contrat CES à mi-temps et je faisais cadeau de nombreuses heures de bénévolat pour arriver à mes fins.
Mon contrat n'avait pas été reconduit au bout d'une année, car les religieux qui géraient la pauvreté dans la ville et donc dans ce lieu, ne voulaient faire travailler que des bénévoles. Malgré la rancune que j'en ai gardée envers les dirigeants, je dois dire que cet emploi m'a profondément marqué.
Les gens de la rue se confiaient souvent à moi, j'effectuais uun travail d'écoute comme me disaient les pros du social, et l'histoire de leur vie ne me rendait que rarement gai.
Il y avait un bistrot sur le trottoir d'en face et même une cave à vin un peu plus haut ce qui irritait profondément les responsables qui faisaient la guerre à l'alcool dans l'enceinte, voilà pour le cadre.

Parmi les habitués, j'avais mes préférés et ce jour-là l'un d'entre eux, Rachid, était installé à la terrasse du bistrot, sa tasse était vide, et son regard aussi, il braquait le trottoir d'en face. Je mangeais un sandwich tout en survolant le quotidien du jour. Et, de temps à autre, je regardais Rachid qui fixait toujours le même endroit. Je me demandais s'il n'était pas endormi par son traitement.

À cet endroit, une femme se baissa et ramassa un objet qu'elle regarda de plus près, puis esquivant un petit sourire, elle le glissa dans son sac et reprit son chemin. Le visage de Rachid s'illumina d'un grand sourire, content de cette scène.

Il se leva et traversa la rue, il déposa quelque chose sur le trottoir, au même endroit que celui où la femme s'était accroupie. Il revint s'installer à sa table sans même m'apercevoir. Il semblait épanoui, je le connaissais plutôt triste et souvent abruti par ses médocs.

L'instant d'après, un homme ayant dépassé la soixantaine, se baissait à grand-peine pour prendre ce que Rachid avait déposé. Lui aussi repartit avec un sourire aux lèvres. Je regardais Rachid qui était aux anges.

La troisième fois, ce fut une jeune mère qui poussait son landau, elle se baissa prestement, ramassa et sourit à son bébé. Rachid sourit tout seul.

C'était la fin de ma pause — cinq personnes s'étaient ainsi accroupies — en quittant le bistrot, je fis une halte à hauteur de Rachid, j'étais curieux de savoir quel objet il offrait ainsi à tous les passants et pourquoi ça le rendait si heureux.

Ses yeux brillaient de 999 feux — je n'aime pas les expressions toutes faites — il me raconta qu'il déposait soit une pièce de 10 francs soit un billet de 50 francs. Il le faisait dans le but de rendre les gens heureux et surtout il voulait constater la joie qu'il pouvait créer.

Il était sous tutelle et dépendait donc de quelqu'un qui gérait son allocation d'adulte handicapé. Dès qu'il touchait son pécule hebdomadaire, il en claquait la moitié à rendre les gens heureux ; les mêmes ou presque qui le regardaient d'un air dédaigneux lorsqu'il somnolait sur un banc.

dimanche, 11 mai 2008

Je Cherche un ROGER.

 

Il y a quelques mois, j'ai mis  temporairement en ligne la photo qui suit sur mon blog. À l'époque, elle était sobrement intitulée "Canine canicule", elle était alors dans un format carré.

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Beaucoup plus tard, m'ennuyant plus que d'ordinaire, je fis une recherche sur mon nom dans Google. Arrivé à la vingtième  page — oui je m'ennuyais fermement — j'ai trouvé mon patronyme, associé à une photo de chien, le tout relié à un site.
voici cette adresse :

http://robinson.winnerbb.com/photos-et-videos-f12/photos-insolites-
placez-ici-tout-ce-qui-est-surprenant-t246-120.htm

C'est une page ou sont alignées des photos rigolotes mettant en scène nos animaux, nos amis. Sur quelques-unes, le nom de l'auteur est mentionné en dessous. Sous la mienne, le mien... (rectifié depuis mon mail du 02 mai)
L'administrateur a pour pseudo robinson mais aucune adresse mail directe (Il faut s'inscrire) par laquelle je pourrais lui poser deux questions essentielles.
La première, comment a t'il obtenu mon nom alors qu'il ne figure nulle part sur mon blog ?

En plus de mon nom, il a  aussi mentionné mon adresse ; mais pas celle où je vis actuellement non, celle de mon lieu de naissance. Là où je suis né il y a bien plus de 50 ans. Et entre ce jour de froid hiver et aujourd'hui, j'ai bien déménagé une vingtaine de fois.
D'où ma seconde question, comment peut-il obtenir ce type d'information ?

Je me suis inscrit, sur le site de robinson afin de pouvoir lui envoyer un mail, le 02 mai.

Le 04, il me répond qu'il a tardé à me répondre pour cause d'absence, il me dit en résumé, qu'il n'y est pour rien, que c'est pas de sa faute mais celle d'un certain "roger" un internaute qui à posté la photo et les infos me concernant mais qu'il n'intervient plus sur son forum depuis longtemps. Il m'a certifié qu'il avait effacé les adresses des autres auteurs depuis mon message.

J'ai un doute, mon adresse de naissance est notée sur les registres d'état civil de ma ville et ce "roger" y a un accès, je ne vois rien d'autre. Connaissez-vous un "Roger" dans votre entourage ?

Voilà, j'ai une chance sur des millions que ce "roger" vienne lire ce post et qu'il m'explique comment il a obtenu ces renseignements sur ma personne.

samedi, 01 mars 2008

JE SUIS VISITÉ...

202060603.jpg Je suis visité, un peu comme au zoo, des curieux viennent voir ce qui se passe derrière ce mur lézardé. Le promoteur offre les frais de notaires aux 10 premiers acheteurs de la future résidence grand standing de 41 appartements qui va s'élever à la place de cette vieille bâtisse construite en 1888 et qui ne pouvait recevoir que trois locataires dont moi.

Ils passent et repassent dans la rue, comme des rapaces, leurs prospectus à la main ou en voitures qui ralentissent. J'en vois un qui sautille, un instant plus tard, je le vois tendre un appareil photo au-dessus du mur, je gueule : "ça va, vous voulez pas entrer ? Je ne vous gêne pas sur la photo ? Vous avez pensé aux cacahouètes ?".



284333304.jpg Hier soir, je sors, je surprend derrière ma porte en ferraille rouillée (elle est d'époque) un couple de femmes âgées d'une bonne soixantaine d'années chacune, des soeurs peut-être, qui se tiennent par la main;  elles sont habillées de la même façon et de la même couleur verdâtre. Elles essayaient de voir l'intérieur par la fente de la boite à lettres. Chacune d'elle tient une pub format A4 où un infographiste a dessiné le futur immeuble en lieu et place de "ma" piaule et de son jardin, et où un vendeur immobilier a agrafé sa carte.

— "Vous voulez pas visiter en plus ?" que je leur envoie le plus désagréablement possible. J'ai des grandes facilités pour le désagréable depuis que la vie m'a tiré quelques grandes baffes dans la gueule et qu'elle décida de ne plus se passer mais alors pas du tout comme j'espérais qu'elle le fit.

Elles hésitent, elles penchent en avant, se regardent, elles avancent, elles sont sur le point d'acquiescer, en plus !! Elles voudraient voir cette nature appelée à être bétonnée et goudronnée. Elles veulent voir toute cette verdure, qui va disparaître à jamais parce que des gens fortunés veulent investir dans le grand standing et, qu'elles ne verront jamais de leurs fenêtres.

Ben non, vous ne visiterez pas parce que je n’ai pas envie et parce que ça n'a aucun rapport avec ce que vous allez acheter et surtout parce que je n’en ai pas envie.

C'est pas la peine de visiter, il n'y aura plus rien des ces vieux arbres, de toute cette verdure en pleine ville. Plus rien, de cette nichée d'hérissons qui me font bien marrer les soirs d'été, plus rien de ces couples de mésanges construisant méthodiquement leur nid avant d'y déposer de petits oeufs, fauvettes ou rouge-gorges...etc. Il y aura 41 appartements grand-standing, 41 chiottes G-S qui déverseront leur contenu à moins qu'ils ne soient tous constipés d'un coup, je raconte vraiment n'importe quoi, qu'est-ce qui m'arrive ?
Vous savez pas, même l'autre maison qui jouxte la "mienne" va être démolie par un autre promoteur plus offrant. En tout, presque 3000m2 de verdure vont être détruits et remplacés par du béton haut-standing.

Elles reculent doucement, se demandant si elles ont à faire à un violent.

Tiens, une idée folle, et si je les assassinais tous ces visiteurs et que je les enterre dans la cave de cette maison qui va être rasé, ils n'auraient plus de clients les promoteurs... aucune promesse d'achat, il ferait la gueule le promoteur... et moi, je pourrais rester encore quelques mois sur place.

 

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samedi, 08 décembre 2007

JE SENS BON, COMME MON PRÉSIDENT !

Veuillez ne pas comprendre par là que je pue le camembert pasteurisé, ça ne m'est plus arrivé depuis mon adolescence, les Converse© existaient déjà et il y a très longtemps.

J'ai la même odeur que le président, le vrai, celui de la République, J'utilise le même parfum que LE PRESIDENT, ça vous en bouche un coin, hein ? Peut-être même deux, non ? Comment un r'miste, qui gagne 45 fois moins,  peut-il s'offrir le même parfum que Niko 1er ? Comment ce r'miste de Provence du sud connaît-il la marque du parfum du PRESIDENT ? Et qu'est-ce que cela lui fait, quand il se serre dans ses bras, d'avoir la même effluence que LE PRESIDENT ? Voilà quelques questions qui devraient normalement vous assaillir.

9cd617518b89be766bd5276b588808db.jpg La seule différence est dans le contenant, mon parfum, je l'ai stocké dans deux minipots de confiture et chaque fois que je veux sentir bon, je trempe un pinceau dans le pot et m'en enduis avec ravissement le lobe des oreilles.

 

Jusqu'à cet instant, personne ne connaissait mon secret. Je l'étale, car c'est bientôt Noël et j'ai envie de vous faire cadeau de cette nouvelle.

1er épisode : vous sentez bon ! c'est du Caron© !

Le 29 octobre, j'ai lu que NS avait passé un WE à Brégançon, il a fait des tas de trucs, comme aller bouffer dans des restos, des supers bonnes choses, accompagné de Rachida D & Martin B le samedi soir. Le lendemain, il a fait son jogging accompagné de 200 gardes du corps et gens de la sécurité (à mon époque on appelait ça un cross) à la rencontre des groupies du coin et l'après-midi, il avait invité l'austère Fillon.

Lors du jogging, il y a une folle groupie qui s'est jetée dans ses bras, bon, elle ne s'est pas jetée bien haut (que je suis méchant), l'a enlacé dixit RL de Var Matin. Un dialogue surréaliste s'est alors noué :

— Vous sentez bon, lui a-t'elle déclaré.
— C'est du Caron©, lui a répondu le président, en faisant des rimes.

"Qu'est-ce que c'est beau, qu'est-ce qu'ils sont bons ", stridulèrent ou craquetèrent à l'unisson les cigales de l'endroit.

2éme épisode: Annie & papier d'Arménie.

Un ami, gueux de r'miste lui-même, débarque chez moi et il sent bon le papier d'Arménie. J'adore cette odeur, ça me renvoi tout droit dans un endroit bien précis et chouette de mon enfance, qui n'a pas toujours était tendre, croyez-moi.

Un souvenir, une scéne, Annie, une voisine à ma mère, sexy comme c'est pas permis et qui en vit. Elle fait brûler du papier d'Arménie (mais je ne connaissais pas le nom à l'époque, juste cette odeur) chez elle et dans le cendrier de sa tire. C'est une Aronde décapotable. Elle porte un foulard et des lunettes noires, ses cheveux noirs sont noués. Elle conduit, on roule vers Ste Maxime où ailleurs. Et moi, j'ai douze ans, je suis calé sur la banquette arrière, dans les nuages. C'est beau comme une pub.

Je demande à mon ami gueux où il a trouvé ce parfum. Une connaissance lui a donné un demi-litre de ce divin liquide. Une famille friquée, le vieux père est mort et le fils donne ce flacon qu'il ne se sent pas de porter.

Rien qu'à l'idée de sentir le "pap d'arm" sur moi quand je veux et où je veux, je me bouge dans tous les sens jusqu'à trouver ces deux petits pots de confiture que je confie à mon ami, avec mission pour lui de me les remplir. Quand je passe chez lui pour les récupérer je vois le flacon original avec l'étiquette Caron©.

Voilà comment je sens bon comme mon président. C'est un vrai conte de Noël. Je suis un peu frustré de savoir que NS sent comme Annie, mais j'ai constaté que selon les peaux, les parfums n'ont pas toujours la même odeur.



PS: Je me dis que quand même il exagère avec toutes ses pubs, Caron, Karcher...etc.,  Il devrait être sponsorisé.

 

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   <=L'article de Var Martin

 

mercredi, 21 novembre 2007

LA RETRAITÉE ET LE R'MISTE.

Nous avions de bons, quoique très limités, rapports de voisinage, elle habitait dans une impasse proche et passait devant chez moi pour s'y rendre, c'était une femme de 70 ans environ, aussi grande que moi, mais beaucoup plus large. Je mesure un mètre et quatre-vingt-quatre centimètres. Je l'avais aidé deux fois à porter ses sacs trop remplis.

Un âge avancé qu'elle assumait avec grande vivacité et toujours sapée avec élégance, de marques pour femmes mûres. N'hésitant point à n'user que de ces membres inférieurs comme moyen de locomotion. Que ce soit pour se rendre au marché ou à la plage, éloignés tous deux de 5 ou 6 km d'ici, et ce, aux heures les plus chaudes de la journée, même en plein été. Ainsi, sa forme physique était nettement plus entretenue et bien supèrieure à la mienne.

Nos discussions étaient au niveau du minima syndical, jamais d'envolée. L'avantage était que le plus souvent je la croisais, nous n'allions pratiquement jamais dans la même direction. Nous avions des horaires inversés, je sortais quand elle rentrait et vice-versa. Des banalités sur le temps, je la soupçonnais de droite, mais bon, par ici, la chose est courante.

Elle avait pris l'habitude de déposer du pain mouillé en face de mon portail, des baguettes entières. Pour nourrir les colombes, me disait-elle. Je ne pense pas que les colombes avaient besoin d'elle pour survivre, mais chacun fait ce qu'il peut pour occuper sa vie.

Comme un imbécile, je lui confie un jour, de grande détresse morale, que je n'étais qu'un r'miste.

Les jours passent, ils n'ont que ça à faire, et toujours ces tas de mie molle. Puis, un soir, je surprends un rat qui se rassasie. Alors, le lendemain je planque vers la même heure et je m'aperçois qu'il a ramené des congénères, ils sont une dizaine,  ça se corse.

Quand je la croise à nouveau, deux jours après, je lui fais part très gentiment de ma découverte et lui demande d'arrêter pendant quelque temps ses livraisons. Je lui demande aussi pourquoi elle ne nourrit pas ces colombes devant chez elle. C'est une bonne question, non ? Elle me tourne le dos brusquement et se tire en maugréant.

Mais elle ne change rien à ses habitudes, elle change juste d'horaire, impossible de la revoir durant quelques jours. Des fois, je sors armé d'une pelle et je nettoie l'endroit.

Enfin, je retombe sur elle et je lui demande, toujours avec les égards dus à son âge et à son sexe supposé faible(?), de stopper tout net ces enfantillages, c'est ridicule. Et, il y a des lois sur l'hygiène, les rats vous sav... Que n'ai-je dit... Elle se met à hurler.

— Salopard de r'miste, c'est moi qui te paye à rien foutre toute la journée et tu veux m'empêcher de nourrir ces bêtes qui ne t'ont rien fait. Va travailler va, à ton âge t'as pas honte ? Et naturellement, une autre voisine nous croise à ce moment.
Faudrait que j'écrive ses paroles en caractères gras, afin qu'on ressente sa haine.

Elle répète ses mêmes arguments une autre fois, sur le même ton, les mêmes mots, mais dans un ordre différent et avec une violence étonnante chez une femme de cet âge, tellement que je n'ai su quoi répondre. Enfin, j'ai juste dit :

— Espèce de grosse vache, va ! Grosse vache ! Et je suis parti.

Pas de quoi être fier de la répartie... Ce dialogue à jamais gravé dans les "caches" du web s'est déroulé il y a 8 ou 9 mois, depuis une quinzaine de jours l'endroit reste propre. On se croise de temps à autre, en regardant ailleurs. Mais, je l'entends marmonner, à mon hauteur, sale r'miste, sale faignant... ou d'autres trucs pas très avenants.

Voilà, j'ai été un bon r'miste respectueux durant des années, car ces colombes nourries en face de ma piaule, avaient pris l'habitude de se poser sur les fils  téléphoniques qui passaient au-dessus de ma deuch pour digérer aussitôt, ce qui la couvrait de fientes ; des microtrous sont apparus depuis dans la capote, heureusement, il ne pleut pas souvent dans la région, grosse vache.

Comme disait ma mère, "fait du bien à Martin, il te le rend en chiant dans ta main."



 

mardi, 30 octobre 2007

MORDONS UN CHIEN.

En souvenir de   Jean François BIZOT   

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(J'ai mis du temps à retrouver ce numéro
et, horreur, je l'ai détourné)

 

Et puis, j'ai lu sur Var Martin, journal qui ment même plus, juste il répète [y a qu'à voir, ce jour le 30 oct, son site lance un "l'info en vidéo" intitulé : Rachida Dati aurait menti sur ses diplômes (notons le conditionnel)], donc j'ai lu qu'un varois âgé de 57 ans avait été mordu à la main par un rottweiller, en première page sur le côté, ça a un nom cet endroit, mais il m'échappe. Il y a un article qui suit en page 5.

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Après lecture de celui-ci, le rott devrait être exempté de peine de mort, le patron du caniche (le mordu) ayant dû avoir, au moment des faits,  une attitude mal perçue par le gros chien. C'est bizarre, en France on a établi la peine de mort pour les chiens. Il faudrait penser à créer des tribunaux.

Il se passe, dans ce bas monde et dans notre pays, des actions innommables, et alors c'est quoi les nouvelles du monde pour Var Matin ? Un chien a mordu une main et, et, et... plus de 8 000 fans au Zénith (?) pour voir Tokyo Hotel, un boy-band de rock, oublié dans un an et demi. J'ai remonté la file d'attente (en deuch, y avait bouchon), c'était pas croyable, y avait les minettes de 12 ans annoncées, mais y avait aussi les grandes soeurs (30 ans) et d'autres encore plus âgées. Après le triomphe de Michel Sardou, Toulon montre l'étendue de ses goûts musicaux.

Mais je dérape, il y a  35 ans environ, ma frangine s'est fait mordre, elle avait 8 ans, au visage par un chien-loup (ou chien-policier ou berger-allemand) comme on les nommait affectueusement à l'époque et avec qui elle s'amusait tous les jours. Mon ex, a eu la même punition avec le même type de cabot, son chien, enfin, celui de ses parents ; et, elles ne sont pas passées dans le journal local et encore moins à la TV. Et la race ne s'est pas éteinte.

Donc, le problème n'est pas nouveau, les chiens ça mord. Une piste est lancée par Nicolas, 10 ans de taule pour les proprios et la peine de mort pour les chiens. Lui, il dit qu'ils s'en servent comme d'une arme mais, tout le monde n'a pas les moyens de sortir en short entouré de dix gardes du corps.


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Moi, je n'ai jamais aimé les gros chiens, mais un jour j'ai dû en raccompagner un, d'un point à un autre dans la ville, et là, j'ai compris. C'était un dogue allemand grand comme un poney. Les personnes croisées avaient une attitude respectueuse envers cet attelage que jamais je n'avais suscitée chez personne.

 

 

Mon chat m'a griffé et ce n'est pas la première fois, je vais faire une main courante, mince alors ! 

samedi, 06 octobre 2007

LAPORTE

Mots  À VENDRE  , pour briller en société ou pour un rédacteur de l'Équipe:

"Quand à ce Laporte, il faut être maso ou Sarko pour l'apprécier."© 

NE PAS TRAVAILLER ET PAYER PLUS !

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 Il n'y en a plus qu'un qui me considère comme un citoyen lambda, c'est mon Trésor, c'est pas un surnom affectueux pour une tendre proche, non c'est du TRÉSOR NATIONAL dont je vous cause. Lui, mes maladies, il s'en bat les couilles fout.

En bref, malgré ma décrépitude présente je possède une auto, une deuch (2CV pour les + jeunes). En mars 2006, la Gendarmerie m’a flashé (je ne m’en suis pas aperçu), je me rendais à  un r d v d’ordre médical.
afdc1dab3e4826b0922a0892712704a4.jpeg Une ligne droite de 3 ou 4 kilomètres de long, la vitesse est limitée simultanément à 50 Km/h, à 90 puis à 30, puis à 90, puis à 50, encore à 90 et pour finir dans la ville d’Hyères à 50 Km/h ; la caserne de la Gendarmerie est située à peu près au milieu de cette droite. Peut-être même qu’un gendarme m’a flashé de sa chambre, en pyjama ? (je galèje, je m’excuse d’avance, je demande pardon, comment puis-je ?)

Un mois plus tard environ, je reçois la sanction, une amende de 135 euros, pour excès de vitesse. Je roulais à une «Vitesse, retenue après application de la marge technique, de 52 Km/h au lieu de 50 Km/h».

042cc4309479985cf2574abc232d50e2.jpgPour la payer, j'avais le choix, si je le faisais dans les quinze jours qui suivaient, l’amende tombait à 90 euros, mais le con de gueux que je suis n’avait pas cette somme, sinon c’était 135 € à payer dans les 45 jours.

Un autre choix( ?) attendre le 46ème jour pour allonger la monnaie et là c’est royal, 375 euros. Ce dernier choix est exclusivement réservé à ceux qui n’ont pas les moyens de choisir les deux premiers, ceux qui n’ont ni 90 ou 135 euros d’avance.

Pour formuler une requête, il faut joindre 135 € à la demande. Dans le genre, " je vous informe qu’étant r’miste je ne suis pas en mesure de payer en une fois la somme de 90€. Veuillez trouver ci-joint un chèque de 135€ en guise de ma bonne foi."

C’est qui qu’a pondu ce genre de règlement obscène ? Un député, une commission , ils n’avaient pas de pauvres dans leurs connaissances ?

J’ai fait un courrier les jours suivants, expliquant ma situation et quémandant un  éventuel étalement de la somme, pas demandé la grâce, juste un étalement, calme et courtois malgré les nœuds dans mon bide et une envie de violence. Je n’avais aucun espoir quant à la suite que donnerait l’Administration (mais c’est bien un être humain qui a lu mes suppliques !) à ma demande, je gagnais du temps, du temps de repos, du calme. Pas de réponse.

En novembre, je reçois d’un huissier un « dernier avis avant saisie de vos biens ». Si je ne paye pas dans le mois la somme de 431,28 €, on saisit mes biens. C’est super gentil et délicat l’État, il me traite comme un paria, je me traite de paria.

Je joins l’huissier et je tombe sur une oreille attentive reliée à un cerveau faisant preuve d’humanité. Passagèrement touché par ma situation, il me conseille de lui envoyer 10€ pour « arrêter l’affaire ». Je le fais et reste tranquille 10 mois.

Trois mois après l’élection présidentielle (faut rentrer du fric pour le « paquet-cadeau fiscal » des riches) ma banque m’avertit qu’une Opposition administrative a été requise par le Trésor, mais, comme mon compte est débiteur, l’État ne peut rien prendre. Ma banque oui, elle me facture 36,63€ de frais. L'État voulait me prendre, par surprise, un mois de RMI, le fourbe.

Moi qui n’osais plus me pointer dans ma succursale, allant jusqu'à me faire expédier, coûteusement (15€), mes nouveaux chéquiers, tout ça afin de ne pas me faire remarquer moi et mon compte débiteur depuis des mois, le coup était rude.

Nouveaux courriers de moi et de mon assistante sociale, je(il) suis(est) pauvre, plus que pauvre, très pauvre. Pourriez-vous m’(lui) accorder un étalement ? Pas un cadeau, je(il) veux(t) payer en plusieurs fois l’amende de 90€ qui est passée à 375€ car je(il) ne pouvais(t) pas payer les 90€ initiaux.

Monsieur, envoyez-nous un chèque de 50€ et d’autres documents. Votre demande ne sera (même) pas étudiée si l’acompte n’est pas joint. J’ai envoyé un chèque de plus de la moitié de l’amende initiale, pour le reste je ne sais pas encore. Si j’ajoute les 36€ de la banque et les 10 de l’huissier, ça fait 96€, le montant de l’amende…

Je me dis qu’il y a quelque part dans ce pays, un type ou une nana bien calé dans son fauteuil à roulettes, qui a lu mes lettres où j’étale ma détresse de gueux, ma vie, mes problèmes et qui n’a eu à mon égard qu’un regard froid, technique et mécanique, le type "bon à appliquer le règlement". J’envoyais des lettres qui n’avaient jamais de réponse.

C’est ce système qui fait que le fonctionnaire est moyennement aimé, quand je pense fonctionnaire, je pense à cette créature cachée dans un bureau avec mission de me persécuter, en attendant. Pas, à l’infirmière, aux profs et autres… flics, militaires, gendarmes... hum.

Voilà, un jour j’ai roulé à 52 Km/h et ça m’a traumatisé.

lundi, 24 septembre 2007

LES BRUGNONS DANS MON LUC!

Depuis au moins 15 jours, le r'miste que je suis rêvait de bouffer des brugnons bien juteux et parfumés; parfumés comme des brugnons, juteux et parfumés donc dignes de ces adjectifs, sauraient l'être. Une envie, une obsession même, et si peu d'euro pour l'assouvir ; alors, en attendant, je grignotais des sandwichs de Tucs© parfumés bacon/petit bout de jambon, mais c'était si sec, si si si dégueulasse et dur à avaler, surtout avec de l'eau de la "CEO Toulon parfum ozone/javel©". On peut souffrir même en temps de paix.

Je veux des brugnons, je veux mordre dans le brugnon et que son jus dégouline de mes babines et se répande de mon cou à mon buste poilu. Ou des pêches blanches mais ce n'est plus la saison.

Finalement, hier je craque, je fonce au distributeur et je retire 40 euros du découvert auquel j'ai encore droit. Je traverse le boulevard et rejoins l'étal de l'épicier. Je fixe, en bavant, une cagette de brugnons. Des top models dans leur catégorie, des couleurs grandioses, une apparence parfaite. Un peu comme celle, nouvelle(?), de nos dirigeants qui affichent un bronzage permanent et des fringues de classe. Beau dehors, à l’intérieur… c'est autre chose. L’apparence Berlusconi, c’est le nom que je cherchais.

Je saisi un fruit, le soupèse délicatement, il est un peu dur, mais ça ira, je le mangerai demain. Je vais pour en prendre un second quand les mains de l'épicier viennent se placer entre les miennes et les fruits de ma convoitise. Je comprends, faut pas que je touche le matos, j’avais pas vu la pancarte qui l’ordonne. Je m'en fous, j'en fais fi, j'arrive à passer une main entre les siennes et à récupérer un deuxième fruit, et toc. Je le regarde l'épicier, il est tout prêt de moi, il me fixe sans aucune sympathie dans le regard, pourtant c'est bien moi qui vais lui refiler du pognon.

Je détourne son attention en lui demandant l'origine d'un fruit bizarre, une pomme toute blanche. Pendant qu'il m'explique que c’est une pomme au goût de poire, que c'est nouveau et qu'il m'en tend une pour me la montrer, je récupère deux autres brugnons dont un plus mur que je compte déguster dès arrivé chez moi ; en espérant qu'ils ne soient pas comme les hommes dont je cause plus haut.

Là, je vois que je ne me suis pas fait un nouvel ami, j'ai choisi mes quatre brugnons sans qu'il n'en touche un seul. « NE PAS TOUCHER LA MARCHANDISE,SVP », il n’a pas touché la mienne. Je vis dangeureusement.


Il me colle derrière jusqu'à la balance, au cas où j'aurai envie de tâter à droite et à gauche sur le court chemin. Il pèse et ça fait 3,95 euros. « Quand on aime on ne compte pas », con de proverbe de riche, moi j'aime et je compte, quatre euros = quatre brugnons, c’est cher, dispendieuse cette lubie.

Arrivé à l'appart, je coupe le brugnon mûr et mou en deux parties que je voudrais bien séparer, impossible, c'est rageant ce noyau qui s'accroche. Ce n'est rien, j’épluche le fruit et mords dans la chair et je la recrache aussitôt ! Pas de jus, un goût dégueulasse et l'impression d'avoir mâché du carton.

J’en prends un second, en découpe un quartier, je le sens, l’odeur du fade, j’ai découvert l’odeur du fade. Je pousse tous ces déchets de côté sur mon évier. En faisant bref, un des quatre était goûteux, les trois autres plus que douteux, immangeables. De plus, c'est moi qui les ai choisis.

Demain je ramène tout ça, chiche, si je suis un homme, je fais ça !

Demain c’est lundi, il sera fermé, mardi tout sera pourri, je l’ai dans le fion. Mangez des fruits, quatre, cinq par jour qu’on nous serine.

Je regarde ce tas de déchets, mais à quoi ça rime tout ça?  Quand je pense aux années de recherches richement dotées, aux espoirs, aux essais, aux greffes multiples et à la fierté de ces ingénieurs (peut-être les mêmes qui sont pour les OGM ?). Enfin, le passage au stade de la plantation à grande échelle de ce type d’arbres qui donnent de très jolis fruits dégueulasses à bouffer que même les parasites n’y arrivent plus; et bien je suis amené à me poser des questions, par ex. qui gère cet immense bordel qu'est devenu le Monde?

Toute cette énergie gaspillée, tout ce pognon, pour ce fruit, pour que j’en jette 75% et que je batisse dans la hate et la douleur une théorie sur les méfaits de la néo.économie.

FLASH-BACK en N & B, 20 ans plus tôt.

e7fc3c14a20615cb222fc0af361fa98b.jpgPourtant, tout n’a pas été toujours ainsi. J’ai le souvenir d’une tante qui vivait à Toulouse, elle vendait du nougat dans les foires, ça vous forge un caractère un job pareil.
 De passage par ici, elle avait tenu à nous faire un poulet farci à je ne me rappelle plus quoi. J’étais à ces côtés quand elle l’avait acheté sur le marché du Cours Lafayette.
Dans la cuisine, quand elle a voulu élargir le trou de remplissage du poulet, une forte odeur de pourriture en profita pour s’en échapper.
Dix minutes plus tard, elle était devant le garçon boucher, elle avait enroulé le poulet dans du papier journal et le tenait par la tête depuis son départ de la cuisine.

- Monsieur, votre poulet il est pas frais, il est même pourri ! Sentez-moi ça ! Elle attirait le chaland de sa forte voix.

Le type la toisa, elle n’était pas impressionnante physiquement. Il le prit à la rigolade.

- Et alors, qu’est-ce tu vas me faire ? Je ne suis pas dedans moi, je suis pas dans le poulet !

- T’es pas dans le poulet toi ? T’es pas dans le poulet ? Et bien prend ça au moins tu pourras plus le dire !

En même temps, elle fit tournoyer le gallinacé au-dessus de sa tête et le lâcha dans celle du garçon à la fin de sa phrase.

Le patron rappliquât du bistrot où il siégeait, afin de disperser la foule, offrit un magnifique poulet à la dame de Toulouse et l’affaire fut close.

Merci où que tu sois, tu m’avais vengé 20 ans auparavant.

lundi, 19 février 2007

Erreur sur la personne.

Un large couloir, avec des chaises alignées de chaque côté, équipé à l’entrée d’un distributeur de ticket et peuplé de pauvres gens. Il y a plein d’affiches, en gros dans le genre : On va vous aider pour tout ! Mais, en vrai, on reste toujours en bas ; bof, au moins ça fait travailler les imprimeurs.

 

J’étais dans la salle d’attente d’un service municipal de ma ville, attendant mon passage devant un travailleur social, une Assistante Sociale exactement.


Les sièges étaient pratiquement tous occupés. Un grand black, en jean, chemise et portant une sacoche a fait son entrée. Il a ouvert son bagage et a feuilleté une liasse de papier, comme pour vérifier s’il n’avait rien oublié.

Au bout du couloir, une A.S apparut et cria un numéro, le un. Un jeune homme se leva, il tendait son ticket vers le haut, tout heureux d’être enfin arrivé le premier quelque part, il s’éloigna avec elle.

Le grand noir se leva souplement et lui emboîta le pas. Alors, une femme un peu ronde, surmaquillée et surbijoutée (trop, pour l’endroit) qui feuilletait une revue créée pour les femmes comme elle et qui était posée — la bonne femme — sur un fauteuil à côté de moi, me prit à témoin en déclamant :

— How, et how, y va où lui ? Il se croit dans son pays ? Il croit qu’il va faire la loi chez nous ? Tout le monde était avant lui et moi, j’ai le numéro deux!


Depuis une éternité, je n’avais pas rougi ainsi. J’avais honte de moi. Comment cette grosse conne avait pu penser que je partageais les horreurs qu’elle vomissait ? Si sûre d’elle et de l’appui des autres personnes dans ce local.

Je ne supporte plus ces gens qui propagent des trucs pareils. Souvent ils n’ont rien à dire d’intéressant, alors ils tâtent les alentours. Comme ils savent que dans cette ville ils ont deux chances sur trois de se faire des amis en les disant, ils tentent leur chance.

— Je vous connais pas vous, je ne partage rien de vos propos, lui ais-je répondu. Avant d’aller m’asseoir à la place du noir.

Les autres n’avaient pas réagi.

Lui, avant de disparaître dans un des couloirs se retourna et lui fit un grand sourire.

Je transpirais encore du front, suite à la honte précédente quand il revint. Avec un grand sourire il dit : Numéro deux, s’il vous plait, c’est à vous…

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