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samedi, 06 octobre 2007

JE SUIS MALADEEEEE, COMPLÉTEMENT.

j'ai les "trois maladies les plus minables, les plus honteuses"* qu'un homme puisse avoir dans notre société moderne, sans tabou, où faut se lever tôt pour consommer plus, et être bronzé aux dents blanches avec le sourire carnassier qui sied, et posséder sa TV plasma grand écran et son Iphone, et être bouffé par l'ambition et le paraître

Jugez plutôt:

1) je suis R'miste depuis presque 3 ans...

2) J'ai plus de cinquante ans.

3) Je suis dépressif au point de suivre un traitement (la grosse dose) et d'être suivi par des psys.

Vraiment, certains cumulent les mandats, moi c'est les mandales.

Que feriez-vous à ma place ? Je me le demande.

"Pends-toi", diront les plus cyniques. Que le cul leur pèle, qu'il y pousse des joncs et qu'on y mette le feu !

"N'arrête pas ton traitement !", mon pharmacien.

"T'inquiète, ça va aller mieux, c'est obligé !", mon voisin.

« C’est vrai, tu peux pas tomber plus bas, faut positiver », sa nana.

"Pense à autre chose, merde." , mon ex.

"Mange mon fils, t'as de quoi manger, au moins ? tu veux que je file des plats ? Prends-les...", ma mère.

"Putain, ça tombe mal, avec la rentrée (les impôts, les Fêtes,...) on a plus un franc.", je ne les compte plus.

« La résilience, tu y penses ?, oui, mais pour rebondir il faut un minimum d’énergie, non, hein, hein ? », une amie qui a lu un article du NO sur Boris.

" Pète un coup", me conseille le jeune S ici plus bas. 

-> Grand merci à S d'ailleurs, comme lui(elle)(eux) tous les lecteurs devraient me donner un amical conseil, ils contribueraient (en + c'est gratis) ainsi au bien-être d'autres personnes en proie à la même problématique.

 

*J'admet qu'il existe des maladies bien plus graves, on ne rigole pas avec celles-là, mais avec les miennes, on peut se marrer, c'est pas sérieux. T'as pas le moral? Bois un coup, con!

NE PAS TRAVAILLER ET PAYER PLUS !

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 Il n'y en a plus qu'un qui me considère comme un citoyen lambda, c'est mon Trésor, c'est pas un surnom affectueux pour une tendre proche, non c'est du TRÉSOR NATIONAL dont je vous cause. Lui, mes maladies, il s'en bat les couilles fout.

En bref, malgré ma décrépitude présente je possède une auto, une deuch (2CV pour les + jeunes). En mars 2006, la Gendarmerie m’a flashé (je ne m’en suis pas aperçu), je me rendais à  un r d v d’ordre médical.
afdc1dab3e4826b0922a0892712704a4.jpeg Une ligne droite de 3 ou 4 kilomètres de long, la vitesse est limitée simultanément à 50 Km/h, à 90 puis à 30, puis à 90, puis à 50, encore à 90 et pour finir dans la ville d’Hyères à 50 Km/h ; la caserne de la Gendarmerie est située à peu près au milieu de cette droite. Peut-être même qu’un gendarme m’a flashé de sa chambre, en pyjama ? (je galèje, je m’excuse d’avance, je demande pardon, comment puis-je ?)

Un mois plus tard environ, je reçois la sanction, une amende de 135 euros, pour excès de vitesse. Je roulais à une «Vitesse, retenue après application de la marge technique, de 52 Km/h au lieu de 50 Km/h».

042cc4309479985cf2574abc232d50e2.jpgPour la payer, j'avais le choix, si je le faisais dans les quinze jours qui suivaient, l’amende tombait à 90 euros, mais le con de gueux que je suis n’avait pas cette somme, sinon c’était 135 € à payer dans les 45 jours.

Un autre choix( ?) attendre le 46ème jour pour allonger la monnaie et là c’est royal, 375 euros. Ce dernier choix est exclusivement réservé à ceux qui n’ont pas les moyens de choisir les deux premiers, ceux qui n’ont ni 90 ou 135 euros d’avance.

Pour formuler une requête, il faut joindre 135 € à la demande. Dans le genre, " je vous informe qu’étant r’miste je ne suis pas en mesure de payer en une fois la somme de 90€. Veuillez trouver ci-joint un chèque de 135€ en guise de ma bonne foi."

C’est qui qu’a pondu ce genre de règlement obscène ? Un député, une commission , ils n’avaient pas de pauvres dans leurs connaissances ?

J’ai fait un courrier les jours suivants, expliquant ma situation et quémandant un  éventuel étalement de la somme, pas demandé la grâce, juste un étalement, calme et courtois malgré les nœuds dans mon bide et une envie de violence. Je n’avais aucun espoir quant à la suite que donnerait l’Administration (mais c’est bien un être humain qui a lu mes suppliques !) à ma demande, je gagnais du temps, du temps de repos, du calme. Pas de réponse.

En novembre, je reçois d’un huissier un « dernier avis avant saisie de vos biens ». Si je ne paye pas dans le mois la somme de 431,28 €, on saisit mes biens. C’est super gentil et délicat l’État, il me traite comme un paria, je me traite de paria.

Je joins l’huissier et je tombe sur une oreille attentive reliée à un cerveau faisant preuve d’humanité. Passagèrement touché par ma situation, il me conseille de lui envoyer 10€ pour « arrêter l’affaire ». Je le fais et reste tranquille 10 mois.

Trois mois après l’élection présidentielle (faut rentrer du fric pour le « paquet-cadeau fiscal » des riches) ma banque m’avertit qu’une Opposition administrative a été requise par le Trésor, mais, comme mon compte est débiteur, l’État ne peut rien prendre. Ma banque oui, elle me facture 36,63€ de frais. L'État voulait me prendre, par surprise, un mois de RMI, le fourbe.

Moi qui n’osais plus me pointer dans ma succursale, allant jusqu'à me faire expédier, coûteusement (15€), mes nouveaux chéquiers, tout ça afin de ne pas me faire remarquer moi et mon compte débiteur depuis des mois, le coup était rude.

Nouveaux courriers de moi et de mon assistante sociale, je(il) suis(est) pauvre, plus que pauvre, très pauvre. Pourriez-vous m’(lui) accorder un étalement ? Pas un cadeau, je(il) veux(t) payer en plusieurs fois l’amende de 90€ qui est passée à 375€ car je(il) ne pouvais(t) pas payer les 90€ initiaux.

Monsieur, envoyez-nous un chèque de 50€ et d’autres documents. Votre demande ne sera (même) pas étudiée si l’acompte n’est pas joint. J’ai envoyé un chèque de plus de la moitié de l’amende initiale, pour le reste je ne sais pas encore. Si j’ajoute les 36€ de la banque et les 10 de l’huissier, ça fait 96€, le montant de l’amende…

Je me dis qu’il y a quelque part dans ce pays, un type ou une nana bien calé dans son fauteuil à roulettes, qui a lu mes lettres où j’étale ma détresse de gueux, ma vie, mes problèmes et qui n’a eu à mon égard qu’un regard froid, technique et mécanique, le type "bon à appliquer le règlement". J’envoyais des lettres qui n’avaient jamais de réponse.

C’est ce système qui fait que le fonctionnaire est moyennement aimé, quand je pense fonctionnaire, je pense à cette créature cachée dans un bureau avec mission de me persécuter, en attendant. Pas, à l’infirmière, aux profs et autres… flics, militaires, gendarmes... hum.

Voilà, un jour j’ai roulé à 52 Km/h et ça m’a traumatisé.

mercredi, 26 septembre 2007

MON LUC EN PROVENCE.

Sachant que le titre de la dernière note était susceptible d'heurter quelques délicats(es) lecteurs(trices) passant par là,  il fallait illico que je donne quelques explications sur ce vent de paillardise si peu coutumière sur ce blog...

Le Var, merveilleux département, recormand du nombre de piscines remplies en période de sécheresse et du nombre de retraités sans souci financier, donc sans doute, du nombre de sociétés de surveillance, de Pompes Funèbres, de Cliniques privées et de toubibs de tout poils....

Ah, naître et mourrir dans le Var... entre ces deux dates limites, il faut aller travailler et vivre ailleurs, sauf si l'on est héritiers, maffieux russes ou autres, commerçants, serveurs, plongeurs dans mer (et vaisselle), dealers de cok à ST Trop ou fonctionnaires divers dont des Armées...

Au centre du Var donc, un village, le trou de balle du Var, dirais-je si j'avais l'humeur grivoise ou la Proctologie comme spécialité; c'est là où il fait le plus chaud dans ce département, déjà bien gaté par le soleil, le relief fait penser à une cuvette.
Des 40°, sans vent... et un trou de balle, c'est là où la température se mesure chez les n'enfants. Mais un trou de balle sans vent c'est pas juste, imaginez le mistral soufflant au-dessus de la cuvette sans jamais la ventiler. Cruelle destinée pour cet endroit & ses habitants.

Et le voilà mon trou du LE LUC. Je ne sais si le brugnonier y pousse.

 

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Autre particularité de cet endroit, il sent mauvais. Aux élections de 2002, la Michèle D y a fait ses 27% & même 39% dans ds villages proches. Par ici et autours, un hab/4 a voté FN. Un colonel à peine efféminé, non ? Faut aimer... C'est la coupe "béret".

Elle n'a aucun rapport direct avec le brugnon mais j'avais gardé son tract... pour faire peur aux enfants.

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(Dire que je paye pour écrire de telles choses.)

dimanche, 12 août 2007

LE TUEUR DE CHATS

Boum… Boum… Boum… Emma a 12 ans, ce sentier ne lui a jamais paru aussi facile à  monter, il mène à la plage où sa mère l’attend. Elle flotte. Boum… Boum… Boum…Le soleil éclaire si fort que tout devient blanc, le ciel, la mer, les roches. Seuls les galets ont des couleurs différentes. Boum… Boum… Boum… Sa mère est accroupie, elle tient un pinceau, aux poils teintés de rose. Les vagues de la mer blanche se répandent doucement entre les pierres colorées… Boum… Boum… Boum…

Doucement, elle ouvre les yeux. Elle s’était endormie dans son divan en regardant la télé, elle rêvait. Ce sont ces coups qui l’ont réveillée, les vibrations contre la paroi surtout, qui ont fait trembler son corps. Elle est sourde et son appareil auditif n’y fait presque plus rien, elle lit les sous-titres, elle s’endort et se réveille. Emma a 85 ans et il y a bien longtemps que sa mère s’en est allée. Elle regarde son horloge qui indique minuit trente.

À pas lents, elle va à la porte d’entrée. Qui fait ce boucan en pleine nuit dans cette baraque? Elle voudrait bien le savoir. Son immeuble donne pratiquement dans la rue. De l’extérieur, il n’y a qu’à pousser deux portes pour accéder au rez-de-chaussée où elle séjourne. Mais, les coups continuent, elle sent le sol vibrer en cadence. Donc, il faut qu’ils cessent, en priorité, au diable la prudence.

Elle éclaire le couloir du rez-de-chaussée, puis entrouvre la porte. Elle sursaute, mais elle est si petite et si ronde que ça ne se voit pas. Elle réalise qu’elle est entrain de vivre un instant peu courant. Il y a Théo, le fils du voisin du premier, il a sept ans, il est pieds nus et simplement vêtu d’un slip. Un pied posé sur une grosse pierre ronde, qui sert à tenir la porte ouverte dans la journée. C’est lui qui fait ce bruit, boum, boum, boum… en balançant la pierre contre le mur. Mais arrête-toi ! lui dit-elle. Enfin, il enlève son pied.

Il commence à s’agiter, c’était pas prévu comme ça, se dit-il. Non, non, pas du tout. Ses trois chats lui tournent autour. C’est pas le moment qu’elle débarque la mémé. Il panique, il lui adresse un plein de grimaces, il trépigne, il s’énerve, elle s’approche. Il essaye de lui faire comprendre qu’il faut qu’elle se taise ; surtout qu’elle n’exprime que du silence devant cette scène surprenante ; qu’il y a quatre étages dans l’immeuble et que ce n’est pas la peine que tous les habitants soient au courant. Un doigt sur la bouche, il la supplie de se taire. Mais, elle continue d’avancer sur lui, doucement. Qu’est-ce tu fous là, à minuit, tes parents le savent ? Elle demande.

Il panique, de son dos il appuie sur la lourde porte d’entrée de l’immeuble afin qu’elle reste bien close. Il fixe du regard la femme qui s’approche de plus en plus, il ne faut pas qu’elle ouvre, c’est ma mission. Et toi, va-t’en, rentre chez toi, je t’expliquerai demain, ça va prendre du temps, tu n’entends rien, pourquoi t’es là, mais il parle doucement, afin qu’on ne l’entende pas trop et la femme est sourde. Il ferme les yeux, compte jusqu’à trois et les rouvre, elle est toujours là.

Et maintenant, c’est lui qui avance vers elle, il semble glisser sur le sol, Emma ne comprend plus rien, alors elle recule.  Le père de Théo pousse la porte et son gosse, il veut entrer, les trois chats en profitent pour se tirer. Le fils regarde le sol, la mine navrée. Emma regarde le gaillard de la tête au pied, lui aussi est en slip. C’est l’été, mais quand même… de mon temps.

Mais qu’est-ce  qu’elle fout là ? Faut éteindre la lumière, faut pas faire de bruit. Elle voit les pierres qu’il a dans les mains, elles sont grosses et les pierres et les mains. Il est tout excité lui aussi. Le sida des chats, t’as entendu parlé Emma ? C’est une maladie qui se propage très vite, ils l’ont tous dans le quartier, on est cerné. Elle comprend le principal, elle a entendu parler de ça, mais pour le reste…

Il avait dit à son fils de faire le guet et de ne pas faire sortir les chats. Mais son fils il est un peu agité, en permanence même, et il a réussi à éveiller une femme sourde, faut le faire, hein Emma ? T’as vu, on est en slip, il la repousse gentiment, mais fermement vers son appartement. Il attend que les verrous se fassent entendre et repart, il sort dans la cour de l’immeuble. Une seule voiture est garée.

Dans les étages, les locataires présents sont tous derrière leurs rideaux et scrutent la cour.  Emma sitôt entrée, va direct derrière son volet et retire une lamelle pour bien voir, elle aussi.

Le père de Théo a fait un tas de ses pierres, il est allongé à plat ventre et il tire un de ces projectiles sous l’auto. Ça fait un bruit étrange. Puis, un second, Emma est écœurée, elle se retire.



Areuh août 2007