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samedi, 25 août 2007

La liste d'Hortefeux

    J'ai peu de lecteur donc très, très peu de commentaires et peu de chance d'avoir un troll. Tant mieux, vu la teneur du dernier signé zaza napoli avec un lien bidon.

    "pourquoi ça vous plait tous ces zoulous qui vous coupent la gorge pour un peu de sous pour s'acheter de la came ?
vous n'etes pas objectifs vous les bobos."


    2680b5df25102281c57504e583ee13b7.jpgDonc, ils étaient 30 000 à se présenter dans les préfectures, on se souvient des files d'attente sur les trottoirs. Ils y croyaient, un enfant scolarisé, un toit et d'autres justificatifs. Ils voulaient juste vivre et travailler en France. Eventuellement, envoyer de l'argent au pays afin d'aider la famille à survivre.

    Des tas de pays européens, Italie, Espagne, U.K., Allemagne régularisent par centaines de milliers mais vous [les, maudits soient-ils, fameux 53% (ex-FN + ex-RPR + ex-UDF, gouroutisés par un agité aux goûts musicaux à chier)] n'en voulez pas des étrangers, vous n'aimez pas ça les étrangers.
Alors, NS a donné un chiffre, 6 000 pas plus, c'est comme ça; pourquoi pas 5 000 ou 7 000 ? On ne le saura jamais. Finalement, pratiquement 7 000 ont été rayés de la liste d'Hortefeux.

    Maintenant, il en reste 23 000 qui ont donné leur adresse et celle de l'école où est scolarisé leur gosse. Un demi-hongrois marié à une demie espagnole décide la chasse à l'étranger, il a décidé de leur pourrir la vie ; s'endormir tous les soirs dans l'angoisse d'être réveillé avec fracas et d'être viré, c'est pas supportable. C'est même insupportable pour une minorité de français de savoir que cela se passe dans leur pays.

    Non, je n'apprécie guère "tous ces zoulous qui vous coupent la gorge pour un peu de sous pour s'acheter de la came". D'abord, s'il y en avait autant je serais au courant. D'autre part, les toxicos violents sont énormément moins nombreux qu'à l'époque précédant l'usage des substituts opiacés. Il en résulte moins d'agressions et moins de décès. Maintenant, si vous rêvez d'une société sans aucune violence, faut quitter ce monde.

    Pour finir, zaza napoli, votre pseudo d'essence italienne, indique peut-être vos origines et alors, rappelez-vous donc la vague d'immigration de ce peuple, il y avait tous les corps de métiers et, en prime, la Mafia, les égorgeurs sont des rigolos à côté.

    Autre chose, je suis r'miste de province, pas bobo. Mon grand-père, en 1939, pourchassé par les fachos de Mussolini est venu se réfugier en France. Déjà, chef d'équipe, il avait des nord-africains sous ses ordres quand il participait à la construction des grands barrages alpins ; ces hommes avaient rarement le niveau requis pour les postes à responsabilités, la puissance colonisatrice qu'était la France ne s'était pas trop investie dans ce secteur. Quand il y avait des accidents de travail mortels, c'était sur eux que ça tombait. Mais, je m'égare... ah oui, les zoulous égorgeurs...

 

    Ps: dans le billet précédant, j'avais une pensée pour un supposé fonctionnaire chargé d'établir au jour le jour, la liste des expulsés. J'ai une idée pour l'aider, suffit de tracer 23 000 petits traits sur un mur et de barrer au fur et à mesure. C'est pas formidable ça ?

jeudi, 23 août 2007

Pitoyable Comptabilité.

5eab2276bd0a8cf6a6ad8c52db15a96b.jpgLe ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, a exhorté mardi les forces de l'ordre à "augmenter de façon significative le nombre d'interpellations d'étrangers en situation irrégulière."

Il a expliqué être "légèrement en dessous", de l'objectif 2007 de 25.000 reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière. "C'est pour cela qu'il faut redoubler d'efforts pour interpeller les personnes en situation irrégulière", a-t-il dit.

Pourquoi ne retire t'il pas ceux à qui il est allé rendre hommage, 25 000 - (18) ? Moins Yvan et ses parents... (3)

Je me dis qu'il y a un fonctionnaire en France qui s'occupe de cette comptabilité, ça me fait penser aux années 40, aux bourreaux d'antan. La liste d'Hortefeux.

 

Pendant ce temps, on fait du spectacle, interviews du père d'Énis dans les médias, au diable la prévention de l'enfant dont on donne l'identité à tout le pays. NS s'en mêle, il fait tourner sa boutique au fait divers, le peuple de "53%" est ravi ; bientôt, le retour de la peine de mort, c'est tentant. Pour le poste de bourreau, ils se battront au portillon, peut-être NS s'appropriera le poste.

dimanche, 12 août 2007

LE TUEUR DE CHATS

Boum… Boum… Boum… Emma a 12 ans, ce sentier ne lui a jamais paru aussi facile à  monter, il mène à la plage où sa mère l’attend. Elle flotte. Boum… Boum… Boum…Le soleil éclaire si fort que tout devient blanc, le ciel, la mer, les roches. Seuls les galets ont des couleurs différentes. Boum… Boum… Boum… Sa mère est accroupie, elle tient un pinceau, aux poils teintés de rose. Les vagues de la mer blanche se répandent doucement entre les pierres colorées… Boum… Boum… Boum…

Doucement, elle ouvre les yeux. Elle s’était endormie dans son divan en regardant la télé, elle rêvait. Ce sont ces coups qui l’ont réveillée, les vibrations contre la paroi surtout, qui ont fait trembler son corps. Elle est sourde et son appareil auditif n’y fait presque plus rien, elle lit les sous-titres, elle s’endort et se réveille. Emma a 85 ans et il y a bien longtemps que sa mère s’en est allée. Elle regarde son horloge qui indique minuit trente.

À pas lents, elle va à la porte d’entrée. Qui fait ce boucan en pleine nuit dans cette baraque? Elle voudrait bien le savoir. Son immeuble donne pratiquement dans la rue. De l’extérieur, il n’y a qu’à pousser deux portes pour accéder au rez-de-chaussée où elle séjourne. Mais, les coups continuent, elle sent le sol vibrer en cadence. Donc, il faut qu’ils cessent, en priorité, au diable la prudence.

Elle éclaire le couloir du rez-de-chaussée, puis entrouvre la porte. Elle sursaute, mais elle est si petite et si ronde que ça ne se voit pas. Elle réalise qu’elle est entrain de vivre un instant peu courant. Il y a Théo, le fils du voisin du premier, il a sept ans, il est pieds nus et simplement vêtu d’un slip. Un pied posé sur une grosse pierre ronde, qui sert à tenir la porte ouverte dans la journée. C’est lui qui fait ce bruit, boum, boum, boum… en balançant la pierre contre le mur. Mais arrête-toi ! lui dit-elle. Enfin, il enlève son pied.

Il commence à s’agiter, c’était pas prévu comme ça, se dit-il. Non, non, pas du tout. Ses trois chats lui tournent autour. C’est pas le moment qu’elle débarque la mémé. Il panique, il lui adresse un plein de grimaces, il trépigne, il s’énerve, elle s’approche. Il essaye de lui faire comprendre qu’il faut qu’elle se taise ; surtout qu’elle n’exprime que du silence devant cette scène surprenante ; qu’il y a quatre étages dans l’immeuble et que ce n’est pas la peine que tous les habitants soient au courant. Un doigt sur la bouche, il la supplie de se taire. Mais, elle continue d’avancer sur lui, doucement. Qu’est-ce tu fous là, à minuit, tes parents le savent ? Elle demande.

Il panique, de son dos il appuie sur la lourde porte d’entrée de l’immeuble afin qu’elle reste bien close. Il fixe du regard la femme qui s’approche de plus en plus, il ne faut pas qu’elle ouvre, c’est ma mission. Et toi, va-t’en, rentre chez toi, je t’expliquerai demain, ça va prendre du temps, tu n’entends rien, pourquoi t’es là, mais il parle doucement, afin qu’on ne l’entende pas trop et la femme est sourde. Il ferme les yeux, compte jusqu’à trois et les rouvre, elle est toujours là.

Et maintenant, c’est lui qui avance vers elle, il semble glisser sur le sol, Emma ne comprend plus rien, alors elle recule.  Le père de Théo pousse la porte et son gosse, il veut entrer, les trois chats en profitent pour se tirer. Le fils regarde le sol, la mine navrée. Emma regarde le gaillard de la tête au pied, lui aussi est en slip. C’est l’été, mais quand même… de mon temps.

Mais qu’est-ce  qu’elle fout là ? Faut éteindre la lumière, faut pas faire de bruit. Elle voit les pierres qu’il a dans les mains, elles sont grosses et les pierres et les mains. Il est tout excité lui aussi. Le sida des chats, t’as entendu parlé Emma ? C’est une maladie qui se propage très vite, ils l’ont tous dans le quartier, on est cerné. Elle comprend le principal, elle a entendu parler de ça, mais pour le reste…

Il avait dit à son fils de faire le guet et de ne pas faire sortir les chats. Mais son fils il est un peu agité, en permanence même, et il a réussi à éveiller une femme sourde, faut le faire, hein Emma ? T’as vu, on est en slip, il la repousse gentiment, mais fermement vers son appartement. Il attend que les verrous se fassent entendre et repart, il sort dans la cour de l’immeuble. Une seule voiture est garée.

Dans les étages, les locataires présents sont tous derrière leurs rideaux et scrutent la cour.  Emma sitôt entrée, va direct derrière son volet et retire une lamelle pour bien voir, elle aussi.

Le père de Théo a fait un tas de ses pierres, il est allongé à plat ventre et il tire un de ces projectiles sous l’auto. Ça fait un bruit étrange. Puis, un second, Emma est écœurée, elle se retire.



Areuh août 2007